Réponse à Libération/CheckNews - Libé devient-il le "bœuf-carottes" de l’info ?

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Réponse à Libération/CheckNews - Libé devient-il le "bœuf-carottes" de l’info ?

Publié le 11/11/2020 à 21:24 - Mise à jour le 12/11/2020 à 11:03
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Auteur(s): Xavier Azalbert pour FranceSoir

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La démarche de vérification des informations est pertinente car elle permet la clarification du débat public et la confiance dans l’information.

Cela doit s’accompagner de neutralité et de logique : il faut s’appliquer à soi-même ce que l’on applique aux autres.  

Ainsi Libération/CheckNews titre « FranceSoir : ceci n’est plus un journal », ce qui est plus une opinion qu’une réalité. FranceSoir répond donc aux principaux points soulevés par CheckNews et demande à ce que cette réponse soit publiée intégralement dans Libération. 
Ndlr : "le boeuf-carotte" est le surnom de la police des polices qui tire ce nom de sa réputation à mijoter leurs collégues en audition

La vérification des informations

La vérification des informations est un travail constant mené par FranceSoir, comme en témoignent par exemple les analyses approfondies des contributions Lancet ou d’études de grande ampleur telles que l'essai clinique britanique Recovery. De son côté, Libération parfois diffuse un peu trop rapidement des informations sans toujours les vérifier.

Libération s’est ainsi empressé de décrier les traitements à l'hydroxychloroquine dès la publication de l’étude du Lancet, invalidée depuis (scandale du LancetGate). FranceSoir avait au contraire réalisé un travail sur cette étude en alertant très tôt sur différents points qui rendaient cette étude peu crédible.

Quelques jours plus tard, le même journaliste de Libération, dans le cadre de l’étude Recovery (étude britannique sur laquelle FranceSoir émet des réserves argumentées) a fait une boulette en indiquant que FranceSoir s’était trompé dans le compte-rendu d’interview de l’investigateur en chef de l’étude, Martin Landray.  FranceSoir a publié une partie de la bande son de l’interview, et n’a pas promu de fausses informations.  D'ailleurs Libération n'avait pas contacté FranceSoir à l'époque pour vérifier ses propres déclarations. Il est vrai que contrairement à Libération, FranceSoir a interviewé directement les directeurs respectifs des deux études pour approfondir sa compréhension des dossiers (Mehra et Landray). 

Un media collaboratif, comme écrit dans Le Manifeste

FranceSoir produit de l’information avec un modèle considéré comme "atypique" par Libé, comprenant des contributeurs d’une part, et d’autre part des journalistes qui écrivent dans FranceSoir. Par ailleurs, FranceSoir relaie des dépêches AFP comme la plupart des autres médias.

En ce qui concerne les contributeurs, FranceSoir ne diffère pas des autres médias qui ont également des pages dédiées aux contributions extérieures.  Libération reprocherait-il à des citoyens engagés de contribuer à analyser l’information depuis le début de la crise ? L’information appartient à tout le monde, les données aussi. S’il y a bien une innovation dans cette situation inédite, c’est le pouvoir du collectif qui permet d’éclairer le débat. FranceSoir se soumet volontiers à l’évaluation de ses pairs mais ce qui compte le plus c’est l’évaluation par les tiers qui sont bien plus nombreux (les lecteurs, les experts).

En ce qui concerne les dépêches AFP, FranceSoir les relaie, sans hésiter à aller plus loin comme cela a été fait pour l’étude viciée de The lancet. 

N’est ce point le travail de journaliste que de vérifier et produire de l’information ? Libération reprocherait il à FranceSoir de trop travailler ?

De plus, FranceSoir aurait une position anti-gouvernement d’après Libération. FranceSoir a avant tout donné la parole aux Français, ce qui inclut ceux qui en ont « gros sur la patate » avec les confinements et la crise économique. A ce jour seulement 23,7% des Français  ont confiance dans le gouvernement (étude FranceSoir.fr BonSens.org conduite du 7 au 8 novembre 2020 sur un échantillon représentatif de 2000 Français).  N’est-ce pas légitime de porter aussi la voix des 54% qui ne sont pas satisfaits de l’action du gouvernement ? Cela contribue pourtant à établir un panorama plus juste et équilibré des faits. Cela permettra peut être également de diminuer la défiance des Français à l’égard des médias (seuls 26% des Français ont confiance dans les médias généralistes comme source d’information)

La mise en cause d’un modèle ‘atypique’

CheckNews indique que le modèle de FranceSoir serait « atypique ». 

FranceSoir a travaillé son modèle économique afin d’assoir ce qu’il y a de plus important pour garantir l’indépendance de l’information : l’autonomie financière.  Le directeur de la publication de Libération Denis Olivennes a lui-même précisé qu’il souhaitait assoir l’indépendance de Libération, et que la planche de salut est d’augmenter le nombre d’abonnés (26 000) et de lecteurs.  

Nulle mention n’est faite du modèle économique de Libération, ce qui aurait été intéressant à titre de comparaison. Comme d’autres, Libération reçoit des aides gouvernementales sans lesquelles il lui serait difficile de survivre. Avec 195 salariés et malgré 5.9 millions d’euros d’aides (source : ministère de la Culture), Libération souffre d’une perte de 6 millions d’euros en 2019. Entre la perte annuelle et l’aide du gouvernement, ce serait donc 12 millions d’euros soit approximativement 60 000 euros par employé que coûte Libération.  C’est ce qui a probablement mené le groupe de Patrick Drahi à remettre en cause ce modèle et à satelliser le titre éponyme. 

Liens ou conflits d’intérêts, des méthodes peu orthodoxes et questionnées

Dans le cadre de la déclaration des liens d’intérêts, n’eût-il pas été approprié que Libération et son service CheckNews rappellent les sommes substantielles reçues en aide de la part du gouvernement ou l’abandon de quelque 50 millions d’euros de dettes de la part de l’actionnaire représenté par Patrick Drahi et Alain Weil.  Rappelons que la question de l’indépendance des médias se pose et plus particulièrement pour la sphère de Patrick Drahi suite au traitement privilégié obtenu par le groupe Altice auprès de la BNP. 

De plus, Libération/CheckNews aurait pu aussi rappeler qu’il a un accord de partenariat avec Facebook pour faire des « vérifications tarifées ».  M. Mathiot de Libération déclare : « c’est autour de 200 000 euros. Et pour le reste, c’est à dire pour l’essentiel, C’est un service de Libé, donc financé comme tous les services de Libé. »

Rappelons en outre que Libé a la réputation de "tester les limites" des gens avec une approche considérée comme du harcèlement, plusieurs employés ayant été licenciés à la suite de l'affaire dite de la ligue du lol

De son côté, FranceSoir ne déclare aucun lien d’intérêt n’ayant reçu, aucune aide de l’Etat.

La libération est arrivée grâce à des citoyens engagés, comme en témoigne l’histoire de notre media « Défense de la France ».  FranceSoir officie avec le support de journalistes professionnels rémunérés et de contributeurs experts bénévoles qui travaillent sans relâche en parallèle de leurs obligations professionnelles. Pour eux tous, un seul mot d'ordre : exposer des faits en vue d'une information intègre et indépendante des pouvoirs, qu'ils soient financier ou politique. CheckNews a raison de rappeler que FranceSoir est lu par des millions de lecteurs. N’est-ce point Pierre Lazareff qui disait qu'« un journal est fait pour être lu » ?

"Merci à Libération de nous avoir permis de réaffirmer que FranceSoir, en ce 11 novembre, est bien fidèle à ses origines de Défense de la France".

Auteur(s): Xavier Azalbert pour FranceSoir


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