Télécoms: SFR offre plus de 10 milliards d'euros pour racheter Bouygues

Grandes manœuvres

Télécoms: SFR offre plus de 10 milliards d'euros pour racheter Bouygues

Publié le :

Dimanche 21 Juin 2015 - 12:42

Mise à jour :

Dimanche 21 Juin 2015 - 12:50
Le groupe de Patrick Drahi Numéricable-SFR aurait déposé une offre de rachat de son concurrent Bouygues Telecom pour plus de 10 milliards d'euros. L'objectif: restructurer le secteur autour de trois acteurs seulement, ce que ne veut surtout pas voir arriver le gouvernement.
©Philippe Wojazer/Reuters
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Pierre Plottu

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La somme est rondelette. Le groupe Numéricable-SFR, dirigé par Patrick Drahi, vient de déposer une offre de rachat de son concurrent Bouygues Telecom s'élevant à 10,1 milliards d'euros, selon une information dévoilée ce dimanche par le JDD et confirmée par des sources concordantes. Si l'opération réussie, SFR deviendrait le premier opérateur mobile français et le deuxième acteur de l'accès à Internet.

L'offre a de quoi faire réfléchir les actionnaires et Martin Bouygues, qui avait refusé une offre moitié moins élevée (ce qui représente tout de même cinq milliards d'euros) l'an passé. Il affirmait alors qu'il attendait une offre s'élevant à 11 milliards, ce que semble avoir entendu Patrick Drahi qui a déjà tenté à plusieurs reprises de mettre la main sur son concurrent.

L'offre est réfléchie: afin d'éviter une situation trop proche du monopole, SFR a ainsi négocié avec Orange et Free, les deux autres acteurs du marché, pour qu'ils reprennent de leur côté les antennes (Free) et une partie des salariés de Bouygues (Orange). "Un tel montage satisfait tout le monde. Numericable-SFR a besoin de d'avoir davantage de clients sur son réseau pour amortir ses coûts fixes et Free doit renforcer son réseau mobile", résume un analyste cité par Le Figaro.

Pour autant, les pouvoirs publics voient d'un mauvais œil cette tentative de restructuration d'un secteur déjà plusieurs fois épinglé pour des ententes illicites sur les prix au détriment des consommateurs. Aux acteurs du marché qui martèlent –en substance– que "à trois c'est mieux", Emmanuel Macron a répondu en personne ce dimanche par un avertissement.

"Je dis et répète que la consolidation n'est pas aujourd'hui souhaitable (..). L'emploi, l'investissement et le meilleur service aux consommateurs sont les priorités. Or les conséquences d'une consolidation sont à ces égards négatives, comme l'ont prouvé les cas récents en Europe", a ainsi jugé le ministre de l'Economie. Puis d'ajouter: "le temps n'est pas à des rapprochements opportunistes auxquels plusieurs peuvent trouver un intérêt qui ne retrouve pas ici l'intérêt général".

Selon le JDD, l'offre de SFR aurait été transmise à Bouygues il y a dix jours. Depuis, si les négociations vont bon train et se poursuivent encore ce dimanche, une date limite semble avoir été fixée puisqu'un conseil d’administration de Bouygues a été convoqué pour mardi 23 pour décider du sort de Bouygues Telecom.

 

"Le temps n'est pas à des rapprochements opportunistes", a averti Emmanuel Macron après l'annonce de l'opération menée par Patrick Drahi (photo).

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