Thierry Lepaon: "mon départ ne règlera pas les questions politiques posées à la CGT"

Thierry Lepaon: "mon départ ne règlera pas les questions politiques posées à la CGT"

Publié le :

Vendredi 19 Décembre 2014 - 08:32

Mise à jour :

Samedi 20 Décembre 2014 - 11:23
Le secrétaire général de la CGT contre-attaque. Invité ce vendredi matin sur France Info, Thierry Lepaon est revenu sur les affaires qui le fragilisent. Il a clairement dénoncé une attaque venue de l'intérieur.
©Capture d'écran Dailymotion
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Pierre Plottu

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Pourquoi ne prendre la parole que maintenant?

"Si j'ai pris un peu de temps, c'est parce que je respecte le fonctionnement de la CGT. La démocratie interne ne se calcule pas à la pression des médias".

 

Allez-vous démissionner?

"Les choses ne se posent pas comme ça".

"Je me pose cette question tous les jours".

"J'écouterai ce que me diront les membres de la Commission exécutive les 6 et 7 janvier, ainsi que le Comité confédéral national. Aujourd'hui aucun des membres de la Commission exécutif ne demande la démission du secrétaire général de la CGT (lui, NDLR), bien au contraire".

 

Avez-vous envie de démissionner?

"Ce n'est pas la même chose!".

"Je pense que je traverse une situation particulièrement difficile. Je ne supporte pas, quand on parle des affaires de Thierry Lepaon, du train de vie de Thierry Lepaon, quand je lis Thierry Lepaon +bling-bling+ je ne supporte pas, c'est l'image qu'on a collé à Nicolas Sarkozy.

"Je vis modestement".

"J'ai voulu que toute la transparence soit faite et prendre des mesures pour que cela ne puisse plus arriver".

 

Si vous restez, ce sera difficile de défendre les travailleurs après ces affaires?

"Je n'ai pas d'appartement, j'ai un logement de fonction de 79m² à Paris".

"Il est loué, nous sommes passés comme tout le monde par une agence immobilière et nous avons fait des travaux trop onéreux à l'intérieur".

"J'ai toujours essayé d'assumer mes responsabilités. Je le fais avec passion et beaucoup d'engagement. Ce n'est pas parce qu'on a tenté de me coller une image qu'elle est réelle".

"Je vais rassembler la CGT".

 

Etes-vous victime d'une cabale menée de l'intérieur de la CGT?

"Quelqu'un ou un groupe de personnes, dans notre maison confédérale, a décidé de transmettre à la presse des documents comptables. Si leur volonté était de faire la transparence, ils pouvaient faire autrement, saisir les instances, en parler au secrétaire général (lui, NDLR). Ce n'est pas le choix qui a été fait. Le choix a été de porter atteinte à l'honnêteté de Thierry Lepaon, de porter atteinte à la démarche de la CGT".

"Si je savais (de qui il s'agit, NDLR), je l'aurai déjà dit".

"Je ne veux pas rentrer dans une chasse au sorcière".

 

Avez-vous vu les factures de ces travaux?

"Non, le secrétaire général de la CGT ne se balade pas avec un carnet de chèques. J'ai découvert ce montant par la presse".

 

Idem pour les travaux dans votre bureau?

"Ce bureau n'est pas le mien, c'est celui du secrétaire général de la CGT. Je n'ai pas poussé les murs, c'est le même depuis 30 ans, la même surface".

 

Les 26.000 euros pour quitter la CGT Normandie et rejoindre la CGT nationale

"Je ne suis pas joueur de foot, il n'y a pas de mercato, il n'y a pas de transferts".

"Mes camarades de Normandie, comme j'ai vécu trois années de chômage et que j'étais militant bénévole, ont voulu m'indemniser, me faire plaisir en m'offrant six mois de salaire avant mon départ".

"Je pense que les militants peuvent se dire que ceux qui militent dans les régions sont aussi victimes de répression et de chômage, comme eux".

"Cette image ce n'est pas moi. Ceux qui me connaissent savent que je vis modestement, que j'ai un train de vie qui n'est pas différent de celui des salariés".

"Je n'ai chez moi aucune œuvre d'art, pas de voiture de luxe, pas de bateau. Je n'ai que mon salaire pour vivre".

 

Le trésorier du syndicat a dû démissionner. Un parfait fusible?

"Eric Lafont est un ami, je ne l'ai pas considéré comme un fusible. Il a essayé de bien faire les choses, mais n'a pas réussi".

 

La fronde gonfle à la CGT

"Beaucoup appellent à l'unité. Certains sont en désaccord avec la ligne politique actuelle de la CGT".

 

Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines?

"Je vais essayer de prendre quelques jours de repos, un peu de distance, tout en continuant à me préoccuper de l'avenir".

"Je veux que chacune et chacun aient les éléments de vérité (…) la Commission a dit qu'il n'y avait pas eu d'enrichissement personnel (de sa part, NDLR)".

 

Vous allez vous battre?

"Non, je veux que chacune et chacun agissent en conscience. Mon départ ne règlera pas les désaccords, les questions politiques posées aujourd'hui à la CGT. Avec ou sans Thierry Lepaon, il faut avoir le courage de les affronter".

 

"Je n'ai chez moi aucune œuvre d'art, pas de voiture de luxe, pas de bateau. Je n'ai que mon salaire pour vivre", a assuré Thierry Lepaon.


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