Voitures électriques : le match France-Allemagne

Voitures électriques : le match France-Allemagne

Publié le 28/05/2020 à 09:42 - Mise à jour à 13:15
© Martin BUREAU / AFP/Archives
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Auteur(s): FranceSoir

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Le plan de relance automobile à 8 milliards d’euros présenté mardi par Emmanuel Macron inclut un objectif des plus ambitieux : « Faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe ». Est-ce vraiment réaliste ? 
 
Pour le président de la République, la France doit franchir sous cinq ans la barre du million de véhicules électriques, hybrides rechargeables et hybrides produits annuellement. Un plan logiquement soutenu par les constructeurs, notamment PSA qui annonce par exemple une nouvelle plateforme électrifiée sur son site de Sochaux d’ici 2022 pour la production de la Peugeot 3008 hybride. 
 
L’ensemble du secteur automobile a certes déjà amorcé son virage vers des véhicules plus propres, à fortiori en Europe où la réglementation va imposer aux constructeurs des émissions moyennes de CO² de 95 gr/km sur l’ensemble de leur gamme. Mais la France a-t-elle les moyens de ses ambitions ? La filière automobile tricolore peut-elle rivaliser avec sa voisine allemande alors que le seul groupe Volkswagen annonce qu’il atteindra le million de voitures électriques vendues dès 2023 ? A-t-on seulement intérêt à envisager la question sur le terrain national et non européen ? 
 
Essayons de comparer l’état actuel du secteur des véhicules propres en France et en Allemagne. 
 
Les investissements
 
Quand les constructeurs français investissent 1 milliard d’euros en 2019 pour la production des véhicules électriques et des batteries, nos voisins allemands profitent d’une enveloppe de 40 milliards, selon les chiffres de l’ONG Transport & Environment. Celle-ci provient principalement du groupe Volkswagen, mais aussi de Tesla, qui a entrepris la construction, finalement du côté de Berlin, de la Gigafactory, son usine de production européenne (batteries, groupes motopropulseurs puis assemblage des Model Y). 
 
Volkswagen a par ailleurs investi 6,6 milliards d’euros en République Tchèque. L’Italie et Fiat sont également au-dessus de la France, avec 1,75 milliard d’investissements, toujours en 2019. Autant dire que le coq tricolore va devoir accélérer la cadence pour rattraper ses voisins, mais les constructeurs en auront-ils les moyens ? 
 
Les constructeurs
 
Avec ses modèles stars, la Renault Zoé et la Nissan Leaf, le groupe Renault-Nissan a grimpé en 2019 sur le podium des ventes de voitures électriques : 183 299 véhicules vendus, certes loin derrière le géant Tesla, à 367 849 exemplaires et 17 % de parts de marché. 
 
Mis à part les chinois BYD et BAIC, deux autres constructeurs européens se positionnent dans le haut du classement. Et ils sont… allemands puisqu’il s’agit de BMW (145 815 exemplaires vendus en 2019) et Volkswagen Group (140 604), représentant respectivement 7 % et 6 % du marché, quand Renault-Nissan est à 8 %. 
 
L’état du marché
 
Les automobilistes français et allemands se ressemblent, tant sur le plan des ventes de voitures neuves que sur le désir d’aller vers des véhicules plus propres. Il s’est vendu 2,2 millions de voitures particulières en France en 2019 (pour 67 millions d’habitants), et 3,6 millions en Allemagne (pour 83 millions d’habitants), chaque pays affichant dans ses achats ses préférences nationales. A noter toutefois que les Allemands dépensent un peu plus que les Français lorsqu’ils achètent une voiture neuve, 30350€ en moyenne contre 26717€ - chiffres de 2017. 
 
Les ventes de véhicules électriques explosent sur l’ensemble du vieux continent, c’est un fait, même si leurs parts de marché restent faible, en France (2,6 % en 2019) et à plus forte raison en Allemagne (1,9%). Sauf que l’Allemagne va plus vite que la France sur la courbe ascendante des immatriculations de voitures électriques et hybrides. Avec un bond de 71,4 % au quatrième trimestre 2019, elle surpasse la France qui affiche pour la même période une augmentation de 35,7 %, d’ailleurs inférieure à la moyenne européenne (46,2%). 
 
En décembre, l’Allemagne est devenue le troisième marché mondial de la voiture électrique, après la Chine et les Etats-Unis. 
 
Les aides à l’achat
 
Une voiture électrique, ça coûte cher, où que l’on se trouve. Il faut débourser, au bas mot, 21600€ pour le modèle le moins cher, à savoir la Skoda Citigo e-IV. Citadine star, la Renault Zoé coûte 32000€, comme la Peugeot e-208, tandis que la e-Golf est annoncée à 39350€ et la DS3 Crossback e-Tense à 39900€. 
 
De chaque côté du Rhin, les gouvernements soutiennent les ventes par des bonus écologiques et des aides à l’achat. Le plan automobile dévoilé mardi a remis en quelque sorte les compteurs à zéro dans ce domaine. 
 
Depuis novembre, l’Allemagne propose des aides à l’achat de 6000€ pour les voitures électriques dont le prix est inférieur à 40000€, et de 5000€ au-delà. En France, le bonus est désormais de 7000€ pour les particuliers (hors prime à la conversion). En revanche, l’aide est plus conséquente chez nos voisins pour les motorisations hybrides, 4500€ contre 2000€ en France. 
 
Et les bornes dans tout ça ?
 
Le développement de la voiture électrique intègre également une condition incontournable, le déploiement d’un réseau de bornes de recharge digne de ce nom. Emmanuel Macron souhaite accélérer avec la mise à disposition d’un réseau de 100 000 bornes dès 2021 (au lieu de 2022). 
 
La comparaison peut faire mal. Avec un réseau routier qui compte près de 400 000 km de moins que la France, l’Allemagne prévoit 1 million de bornes de recharge, certes d’ici 2030. L’annonce en a été faite dès novembre par Angela Merkel, lors de la présentation de son « grand plan pour le développement de la mobilité électrique ». Un plan qui intervenait dans un contexte morose pour l’industrie automobile allemande (-9%). 

Auteur(s): FranceSoir


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