Sondage: pour un Français sur trois, notre système social favorise l'assistanat

Lutte contre les préjugés de la pauvreté

Sondage: pour un Français sur trois, notre système social favorise l'assistanat

Publié le :

Jeudi 09 Mars 2017 - 13:04

Mise à jour :

Jeudi 09 Mars 2017 - 13:11
Selon un sondage réalisé pour le Secours catholique, 72% des Français pensent la pauvreté n'est pas assez abordée dans le débat politique et plus de 80% pensent que la lutte contre la pauvreté devrait être décrétée grande cause nationale. Enfin, 44% souhaitent agir d'avantage pour les plus démunis.
©Bertrand Guay/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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À 45 jours de l'élection présidentielle, le sujet de la pauvreté peine à émerger dans cette campagne présidentielle. Le Secours catholique a annoncé mercredi 8, le lancement de sa campagne "Liberté, égalité, sans préjugés". À partir du 9 mars, et pendant deux mois, deux bus aux couleurs de l'association entameront une tour de France et s'arrêteront dans une trentaine de villes, "pour aller à la rencontre des citoyens", rapporte La Croix.

A travers un sondage, l'association a voulu connaître la perception des Français sur la pauvreté. Résultats, "ils sont tout de même 31% à juger que le système social en place favorise l'assistanat et 54% pensent qu'il est possible de trouver un emploi quand on le cherche vraiment", écrit l'association. Ils sont aussi 20% à penser que "le manque de volonté des gens pour s'en sortir" est une des causes de la pauvreté en France. Mais d'autres enseignements ressortent du sondage.

Pour 72% des Français, la pauvreté est un sujet trop peu abordé en politique. Une grande majorité des sondés estiment qu'il y a trop d'inégalités en France (84%) et que la lutte contre la pauvreté devrait être décrétée grande cause nationale (81%).

Le sondage fait également ressortir la difficulté des Français à situer le seuil de pauvreté. La méconnaissance du montant exact du RSA, situé à 535 euros par mois pour une personne seule, en témoigne. Ainsi 26% pensent le RSA est supérieur à 600 euros, 8% le situent en-dessous de 400 euros et 11% ne se prononcent pas. Néanmoins, une fois qu'ils le connaissent, ils sont 50% à estimer que son montant n'est pas assez élevé. Même constat avec le seuil de pauvreté, qui se situe en-dessous des 1.000 euros par mois pour une personne seule, après impôts et avec les aides sociales. Près de 28% des Français pensaient que ce seuil était en-dessous des 900 euros et 33% au-dessus des 1.100 euros.

Pour le Secours catholique, les Français ont tout de même une bonne perception des réalités sociales: "contrairement à certains discours politiques, les causes de la pauvreté citées sont pour la plupart structurelles et ne rejettent pas la faute sur les personnes en difficulté". Pour 56% d'entre eux, le chômage en est la principale cause, suivi du coût de la vie (51%) ou la précarisation des emplois (43%).

Une bonne partie des Français pensent lutte contre la fraude sociale est une priorité pour lutter contre la pauvreté. Quelque 15% pense qu'il faut diminuer fortement ou supprimer les aides sociales et 19% pense qu'elles sont trop élevées. Ils sont aussi 36% à croire qu'il faut réduire l'immigration et 29% à penser qu'il faudrait obliger les chômeurs à accepter le premier emploi disponible.

Cela n'empêche pas les Français de croire à la solidarité et à ce titre, 48% d'entre eux estiment qu'elle est l'affaire de tous les citoyens. Ils sont d'ailleurs 28% à avoir déjà apporté une aide aux plus démunis, qu'elle soit matérielle (nourriture, vêtement, etc) ou financière.

Pour finir, 44% des sondés souhaitent agir davantage pour les plus démunis. Ils ont cependant tendance à privilégier les ressortissants français. Ainsi, 61% se disent prêts à apporter de la nourriture et des vêtements à une personne sans domicile et 36% à les aider à trouver un emploi. Mais cet engagement personnel tombe entre 36% et 20% quand il s'agit d'aider un réfugié venant d'un pays en guerre.

Pour la plupart des Français, les causes de la pauvreté sont surtout structurelles et ne rejettent pas la faute sur les personnes en difficulté.

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