Climat: l’industrie automobile met les gaz, l’Europe freine

Lutte contre la pollution atmosphérique

Climat: l’industrie automobile met les gaz, l’Europe freine

Publié le :

Mercredi 28 Janvier 2015 - 21:34

Mise à jour :

Mercredi 04 Février 2015 - 09:14
L'Union européenne agit pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution automobile. Elle a lancé en septembre dernier la norme "Euro 6" pour le secteur automobile, qui vise à réduire le niveau de certains gaz polluants.
©Stefano Tranchini/Flickr
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Les pics de pollution à Paris ont permis d’amorcer les débats sur le climat qui prendront toute leur place pendant la conférence internationale "Paris Climat 2015" en décembre. La pollution étant un problème par nature transfrontalier, il est nécessaire de fixer les normes environnementales au niveau supranational. Une bonne raison pour l’Union européenne d’être passée à l’action.

L’UE a fixé des normes de qualité applicables aux carburants, de sorte que les voitures consomment de l’essence sans plomb et d’une teneur limitée en soufre. Aujourd’hui, suite à une initiative de l’UE, 4,4% des carburants de nos véhicules sont d’origine biologique. Il s’agit là de mesures destinées à combattre les gaz à effet de serre et à respecter le protocole de Kyoto.

Ces mesures permettent également à l’Europe d’être de moins en moins dépendante du pétrole. Il existe plusieurs sortes de carburant d’origine biologique: l’huile de colza est mélangée au diesel traditionnel, quant au bioéthanol (issue des betteraves, du blé ou du maïs), il est ajouté à l’essence. Les deux mélanges sont parfaitement compatibles avec tous les moteurs.

Le 1er septembre 2014, l’Union européenne a lancé la norme "Euro 6" pour le secteur automobile. C'est une norme qui vise à réduire le niveau de certains gaz polluants. Cette fois-ci ce sont principalement les oxydes d'azote –et surtout le dioxyde d'azote– qui sont visés.

Le dioxyde d'azote, c'est le gaz qui donne la couleur brunâtre à l'air au-dessus des villes. Il est irritant pour les bronches, crée des troubles respiratoires et est à l'origine de problèmes cardio-vasculaires. Ce gaz restait le polluant à éliminer sur les diesels. La norme "Euro 6" divise par deux les rejets maximaux autorisés de ces gaz, un gros progrès.

Concrètement, c’est un filtre supplémentaire, au niveau du moteur, un "piège à oxydes d'azote", ou un "SCR" (Selective Catalytic Reduction) comme on l'appelle parfois, qui va être installé. Ce filtre, pour fonctionner, a besoin d'un additif: l'"Adblue". Les utilisateurs vont devoir faire le plein de cet additif tous les 20.000km.

Pour le budget, cela revient, à peu près, à 40 euros tous les 20.000km, un coût qui apparaît raisonnable en regard des enjeux. La norme "Euro 5" en 2011 avait déjà rendu obligatoire le filtre à particules, déjà adopté depuis une dizaine d'années par certains constructeurs. L’objectif était de filtrer les particules fines qui s'infiltrent en profondeur dans les bronches.

Plusieurs médias ont fait état des augmentations du prix des voitures dues à la norme européenne "Euro 6". France Info et Les Echos prédisent ainsi une augmentation du prix à l'achat des voitures diesel de 300 à 800 euros. Il faut toutefois prendre en compte que les industriels ont eu le temps d’anticiper cette transition. Depuis deux ans déjà, des partenariats ont permis de mutualiser les coûts. PSA fournit Ford et General Motors en moteurs diesel, pareil pour Renault qui fournit Nissan et Mercedes.

En Europe, selon l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE), 9 citadins sur 10 sont exposés à une pollution supérieure au niveau préconisé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’Agence estime que la pollution dans l’air cause chaque année 100 millions de journées maladies, 350.000 morts prématurées en Europe, soit un coût de 100 milliards d’euro par an.

C’est pourquoi l’Union européenne a mis en place des directives pour permettre une action globale en faveur des carburants propres. Des infrastructures pour un accès uniformisé vont être mises en place. Voici quelques exemples de mesures concrètes pour certains carburants propres:

> Pour l’électricité c’est un nombre minimum de recharges, avec des prises standard dans toute l’Europe.

> Le gaz naturel liquéfié (GNL), qui ne compte que 38 stations de ravitaillement dans l'Union, devrait également faire l'objet d'un maillage plus fin du territoire avec une station tous les 400km installée sur le réseau routier.

> Mesure similaire pour le gaz naturel comprimé (GNC), utilisé par un million de voitures en Europe, pour lequel la Commission propose le développement de points de ravitaillement publics répondant à des normes communes et installés à des intervalles inférieurs à 150km.

Avec des objectifs communs et uniformisés, voici une bonne manière pour les pays de l'UE de rassurer les investisseurs et les usagers des carburants propres…

(Avec la contribution de la Maison de l’Europe de Paris)

 

> (La Maison de l’Europe de Paris organise une conférence intitulée "L’union européenne demeure-t-elle à la pointe des efforts déployé dans la lutte contre le déréglement climatique?",  le jeudi 12 février à 18h30. Pour plus d’informations et pour s’inscrire: www.paris-europe.eu)

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