Le télétravail n'est pas si écologique que ça: les gens multiplient en réalité les trajets

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Le télétravail n'est pas si écologique que ça: les gens multiplient en réalité les trajets

Publié le 28/09/2020 à 12:06 - Mise à jour à 12:34
Standsome Worklifestyle / Unsplash
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Auteur(s): FranceSoir

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Le gouvernement préconise toujours de privilégier le télétravail lorsque cela est possible, pour éviter les allées et venues dans les bureaux, et les risques de contamination. Ce mode de travail pose des problèmes d'organisation, surtout lorsqu'il est imposé et subi: difficultés pour concilier vie personnelle et professionnelle, pour déconnecter, se limiter aux horaires de travail, problèmes de stress et d'insomnie liés au temps passé en visioconférence, insomnie... les conséquences négatives sont nombreuses. Du côté positif, l'absence de trajets quotidiens pour aller au bureau est le principal avantage, qui permet bien sûr de gagner du temps, mais aussi, en théorie, de mieux protéger l’environnement. En théorie seulement, car après avoir étudié l'impact du télétravail massif lié au confinement, l’ADEME pointe du doigt un autre effet pervers du travail en ligne à la maison: il n'est pas si bon pour l'environnement, et dans certains cas, la pollution est même pire, en raison des trajets en voiture qui sont multipliés, pour l'école, la crèche, les courses, et le moindre petit déplacement.

Le télétravail n'est pas toujours positif pour l'environnement

Le télétravail a conquis de nombreux employés, qui l'ont découvert de manière forcée pendant le confinement, et qui ont apprécié le gain de temps et la flexibilité permises par ce mode de travail en ligne. De grandes entreprises comme Facebook et Google ont autorisé leurs employés à faire du télétravail à temps complet jusqu'à l'été 2021 s'ils le souhaitent. En plus de favoriser la distanciation sociale, l'encouragement du télétravail a bien sûr un impact très important sur la mobilité, en limitant les déplacements des salariés entre leur domicile et le bureau, ce qui réduit les émissions de Co2 liées à ces trajets. Il est donc logique d’imaginer que ce mode de travail à distance ait un impact positif sur l'environnement. L’Ademe a voulu vérifier cela, grâce à une enquête terrain menée auprès de 26 organisations françaises comptant 350000 salariés et à 3 focus groupes rassemblant 25 télétravailleurs l’Ademe pour analyser en profondeur les impacts environnementales de la pratique du télétravail en France.
Le bilan global est plutôt positif selon l’Agence de la transition écologique. Mais dans la pratique, les changements de comportements des individus ne résultent pas forcément en une baisse des émissions de CO2.

On se déplace quand même en télétravail

Selon l'étude, les télétravailleurs sont soumis à différents changements qui ne se traduisent pas forcément par des comportements plus écologiques. Par exemple sans télétravail, les parents amenaient les enfants à l'école lors du même trajet en voiture que pour aller au bureau. En télétravail, les trajets à l'école ne sont pas évités, et se font quand même. Le télétravailleur va même plus loin qu'avant pour faire des achats, ou d'autres activités, en profitant de la flexibilité de ses horaires à distance. Et bien sûr, il a plus de temps pour partir en week end!
En outre, certains en profitent pour déménager à la campagne, ce qui ajoute des coûts supplémentaires, surtout en raison du manque de transports en commun dans les zones rurales pour réaliser des trajets.

Le coût environnemental des visioconférences est important

Le télétravail réduit  aussi les consommations de « bureaux » (papier, encre, fournitures, gobelets, décoration, vidéoprojecteurs, etc.) ce qui pourrait résulter en une certaine sobriété concernant les fournitures. Le nombre d'impressions papier en télétravail est quasi nul, l’impression de documents était prohibée en télétravail dans la plupart des entreprises interrogées, notamment pour des raisons de sécurité des données, mais ce passage du physique au virtuel a aussi des conséquences environnementales. La consommation d'énergie et la sollicitation des serveurs nécessaires aux services de visioconférence génèrent des émissions de gaz à effet de serre. La visioconférence, serait, selon le rapport, à l'origine d'un effet rebond environnemental significatif.
Cela est sans compter les doublons d'équipement informatique entre le bureau et la maison, surtout pour ceux qui se déplacent quand même de temps en temps au bureau, qui représentent aussi un effet pervers du télétravail pour la santé de la planète.
Au final le changement des habitudes en télétravail fait que le passage du bureau à la maison ne se traduit pas immédiatement par des effets bénéfiques pour l'environnement. Le télétravail partiel (seulement quelques jours par semaine) est déconseillé par l'Ademe, qui souligne aussi l'importance de privilégier les transports en commun et les moyens de transport verts et de limiter au maximum les trajets, qui doivent rester les plus courts possibles.

Auteur(s): FranceSoir


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Les télétravailleurs sont soumise à différents changements qui ne se traduisent pas forcément par des comportements plus écologiques.

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