"Tourisme de la désolation": pouvoir se filmer près des sites dangereux devient un business

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"Tourisme de la désolation": pouvoir se filmer près des sites dangereux devient un business

Publié le 24/01/2020 à 12:48 - Mise à jour à 12:57
STF / AFP
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Auteur(s): France-Soir

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Tchernobyl, Palmyre, Fukushima. Pour ressentir le grand frisson ou pour vivre une expérience dangereuse le "tourisme de la désolation", appellation bientôt déposée, répond à ces attentes. Des voyagistes proposent  aux  touristes à se confronter passivement au danger et à la mort (des autres, c'est mieux), comme à la télé. Et ça marche. 

Les monuments historiques ou encore les édifices classés au patrimoine mondial de l’humanité (UNESCO) attirent des millions de touristes chaque année. On peut alors se recueillir au pied  des sites attestant des pires épisodes du passé. Plus d’un million de personnes se rendent ainsi chaque année dans le plus grand cimetière du monde, à Auschwitz pour ne pas oublier la barbarie et les atrocités. Ce tourisme mémoriel se développe chaque année un peu plus, et c'est tant mieux. Mais en même temps se propage une autre forme de voyage, un dérivé bien plus dangereux, penchant glauque et qui n'a rien à voir avec la compassion pour des victimes ou le devoir de mémoire" pour que certaines horreurs ne se reproduisent plus".

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Le tourisme noir, vouloir voyager vers le danger, comme "vu à la télé"

Bien différent du tourisme mémoriel donc, le tourisme noir, qualifié aussi de Dark Tourism ou de tourisme de la désolation, a pour vocation d’amener ses adeptes au plus près du danger, quitte à prendre des risques. Les risques sont limités quand il s’agit de s’approcher au plus près de la zone 51, ce site des Etats-Unis interdit au public sur lequel l’armée américaine se livrerait à des expériences sur des aliens. En revanche, le danger est plus réel, quand les touristes succombent aux offres de certains tour-opérateurs: la promesse de pouvoir, par exemple, prendre des photos de Palmyre, alors que la région était sous les bombes (conflit syrien). 

Zone dangereuse

Le tourisme de la désolation tend plus à proposer une expérience qu’à découvrir un site, et la région de Tchernobyl en est l’exemple le plus absurde. Certes, la récente diffusion de la série éponyme a contribué à remettre le site du plus grand accident nucléaire sur le devant de la scène. Il n’empêche, qu’aujourd’hui, de nombreux voyages sont organisés pour aller au plus près de l’ancienne centrale ukrainienne, alors que toute la région est encore qualifiée de zone dangereuse car fortement radioactive.

On se met en danger, on se rapproche de la mort en se laissant aller au tourisme de la désolation, d’autant plus qu’en cette période, un simple appel à concours sur les réseaux sociaux (se rapprocher le plus possible du cœur de la centrale et se prendre en selfie, par exemple) amène de nombreux touristes à prendre tous les risques. Flirter avec la mort pour se sentir vivre, vieille recette. Il manquait juste le direct. 

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Auteur(s): France-Soir


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