Adama Traoré: plainte contre la médecin dont l'expertise innocentait les gendarmes

Adama Traoré: plainte contre la médecin dont l'expertise innocentait les gendarmes

Publié le :

Mardi 27 Novembre 2018 - 12:05

Mise à jour :

Mardi 27 Novembre 2018 - 12:12
© bertrand GUAY / AFP/Archives
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La rédaction de France-Soir

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Plus de deux ans après la mort d'Adama Traoré lors de son interpellation, une plainte a été déposée par l'avocat de sa famille contre la médecin qui a mené la première expertise du corps. La famille dénonce des conclusions menées en connivence avec le parquet pour exonérer les gendarmes de leur responsabilité.

L'avocat de la famille d'Adama Traoré a annoncé le dépôt , lundi 26, d'une plainte déontologique contre Caroline Rambaud, le médecin qui avait procédé à la première expertise sur le corps du jeune homme, décédé après son interpellation. Celle-ci avait conclu que la cause "potentiellement directe" de la mort était une maladie génétique touchant le cœur.

Une conclusion qui semblait donc exonérer les gendarmes, alors que la famille dénonce depuis le drame une bavure commise lors d'une interpellation musclée. Or cette conclusion médicale basée uniquement sur l'étude du cœur de la victime a été contredite par une contre-expertise menée par quatre médecins. Ceux-ci ont exclu "la notion d’une quelconque cardiopathie significative, a fortiori ayant pu intervenir dans le mécanisme du décès", dans un rapport remis en septembre et au contenu dévoilé par Le Monde.

Voir: Mort d'Adama Traoré - nouvelle manifestation à Paris pour dénoncer "un mensonge d'Etat"

La famille dénonce ainsi un premier rapport établi en connivence avec le parquet de Pontoise afin de dédouaner les gendarmes dès le début de l'affaire."Il est permis de penser que ce compte rendu intermédiaire avait été sollicité par le procureur de la République de Pontoise pour pouvoir affirmer, dès juillet 2016, que M. Adama Traoré était mort du fait d’une maladie et ainsi pouvoir écarter toute responsabilité des gendarmes interpellateurs", a jugé son avocat dans sa plainte.

Des propos qui s'appuient notamment sur un précédent. Caroline Rambaud avait déjà vu ses conclusions démenties par une contre-expertise, là encore concernant un décès lors d'une interpellation survenue en 2009, et qu'elle avait attribué à des problèmes de santé. Elle clame sa bonne foi, expliquant avoir travaillé avec des éléments partiels.

Dans l'affaire Adama Traoré, la contre-expertise n'a pas non plus conclu à la responsabilité exclusive des gendarmes, mais à la conjugaison d'une sarcoïdose, d’un trait drépanocytaire, d'un état de stress et d'un effort intense fourni en fuyant les gendarmes. Un point contesté par la famille pour qui le jeune homme, très sportif, n'a pu succomber à un tel essoufflement qu'en raison des méthodes d'interpellation.

Adama Traoré avait été interpellé le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise. Son décès avait été constaté deux heures après son interpellation par les gendarmes, qui l'avaient maintenu au sol sous le poids de leurs corps. Il avait fait un malaise dans leur véhicule, avant de décéder dans la cour de la gendarmerie de la ville voisine de Persan.

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