Adoption: couples gays et enfants "atypiques" discriminés

Injustice

Adoption: couples gays et enfants "atypiques" discriminés

Publié le :

Lundi 18 Juin 2018 - 17:58

Mise à jour :

Lundi 18 Juin 2018 - 18:01
Depuis 2013, les couples gays peuvent adopter des enfants. Mais cinq ans après la loi du mariage pour tous, les couples de même sexe qui espéraient fonder une famille sont confrontés à une triste réalité: une double discrimination. Car quand ils obtiennent l'agrément, ils ne sont pas prioritaires et se voient souvent proposer des enfants "atypiques".
© PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP/Archives
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La rédaction de France-Soir

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En Seine-Maritime, les couples gays sont confrontés à des difficultés et des discriminations lorsqu'ils souhaitent adopter pour fonder une famille.

Selon France Bleu Normandie, qui révèle dans une enquête ce lundi 18 des pratiques étranges dans le département concernant le parcours d'adoption, les couples homosexuels (qui peuvent adopter en théorie comme n'importe quel autre couple depuis 2013 et la loi du mariage pour tous) qui obtiennent l'agrément se voient souvent proposer des enfants "atypiques".

"On nous a dit que, pour avoir une chance, nous devions nous préparer à accueillir un enfant à besoins spécifiques, c'est-à-dire grand ou avec un problème de santé, un handicap", a ainsi témoigné une jeune femme, qui souhaite adopter avec son épouse.

Lire aussi: l'adoption, une voie souvent sans issue pour les couples homosexuels

"Eux-mêmes sont un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique… Il faut que leur projet supporte des profils d'enfants atypiques", a confirmé le responsable de l'adoption du département. Département qui délivre par ailleurs l'agrément aux couples hétéros, homosexuels et aux adoptants seuls.

Des propos qui choquent et qui souffrent, de plus, d'une double discrimination. Les enfants "atypiques" étant considérés comme différents et donc pas comme les "parfaits candidats" à l'adoption.

Ce que confirme un autre témoin à France Bleu Normandie: "On a un peu l'impression qu'autant les parents homosexuels que les enfants à besoins spécifiques sont un peu des sous-citoyens aux yeux des institutions".

Ces pratiques sont perçues comme des bâtons dans les roues par les couples homosexuels adoptants qui, souvent, se découragent.

En Seine-Maritime, les couples homosexuels adoptants se voient souvent proposer des enfants "atypiques". Une double discrimination qui décourage les futurs parents.

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