Affaire du petit Grégory - déroulement, enquête, rebondissements: le rappel des faits

Affaire du petit Grégory - déroulement, enquête, rebondissements: le rappel des faits

Publié le :

Jeudi 15 Juin 2017 - 12:15

Mise à jour :

Jeudi 15 Juin 2017 - 12:31
©AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Trois personnes de la famille Villemin ont été interpellées mercredi dans le cadre de l'affaire du petit Grégory. La suite, 33 ans après les faits, d'une enquête qui a connu de nombreux rebondissements sans jamais désigner de coupable.

L'affaire du petit Grégory Villemin, probablement le plus grand mystère judiciaire français du XXe siècle, a connu mercredi 14 un nouveau rebondissement, 33 ans après les faits, avec l'interpellation de trois personnes. L'oncle, la tante et la belle-soeur de Jean-Marie Villemin (père de Gregory), ont été placés en garde à vue par les gendarmes de la Section de recherche de Dijon.

L'assassinat de l'enfant de quatre ans remonte au 16 octobre 1984. Le corps du petit Grégory a été découvert dans la rivière la Vologne (Vosges), pieds et mains liés. Son oncle avait reçu quelques heures plus tôt l'appel téléphonique d'un "corbeau" revendiquant le meurtre. Le lendemain, les parents, Jean-Marie et Christine Villemin, avaient reçu une lettre anonyme: "Ton fils est mort. Je me suis vengé".

Durant les mois suivant, l'enquête s'orientera d'abord vers Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie, inculpé d'assassinat après des analyses graphologiques et le témoignage de sa belle-sœur Murielle Bolle, qui se rétractera par la suite. La piste est alors que Bernard Laroche, jaloux de la réussite de son cousin, est le fameux corbeau qui harcèle la famille depuis des mois et qu'il a mis ses menaces à exécution. 

Mais le 29 mars 1985, Jean-Marie Villemin, qui le tient pour le meurtrier, tue d'un coup de fusil Bernard Laroche, libéré deux mois auparavant. Il sera condamné en 1993 à cinq ans de prison dont quatre fermes, peine qu'il a alors presque entièrement purgé en détention préventive.

Dans le même laps de temps, les études graphologiques ont cette fois pointé du doigt la mère, Christine Villemin. Des cordelettes identiques à celles utilisées pour ligoter l'enfant sont retrouvées dans sa cave. Inculpée en juillet 1985, elle a été innocentée en 1993 après une longue procédure judiciaire, la rétractations de plusieurs témoins, un important emballement médiatique ainsi que de nombreuses accusations de dysfonctionnement dans l'enquête.

A plusieurs reprises, en 2000 et 2008, elle a été rouverte, notamment pour pratiquer des analyse ADN. Mais à chaque fois sans succès. En 2013, le procureur général de la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney, déclare que "l'espoir" de trouver le coupable "s'éloigne".

Un espoir ravivé par ces arrestations. L'oncle de Jean-Marie Villemin, Marcel Jacob, avait notamment été soupçonné d'être le corbeau, de même que son épouse Jacqueline, désignée (elle aussi) par des expertises graphologiques. L'incertitude planait sur son emploi du temps au moment du meurtre. Mais il n'a jamais été inquiété judiciairement.

Le corps du petit Grégory a été découvert le 16 octobre 1984.


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