Affaire Maëlys: la défense de Nordahl Lelandais ébranlée par un nouveau témoignage

Affaire Maëlys: la défense de Nordahl Lelandais ébranlée par un nouveau témoignage

Publié le :

Lundi 22 Janvier 2018 - 13:44

Mise à jour :

Lundi 22 Janvier 2018 - 14:12
©Capture d'écran
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La rédaction de FranceSoir.fr

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La défense de Nordahl Lelandais, principal suspect dans l'affaire Maëlys, a été fragilisée par le changement de version d'un témoin qui lui était favorable. L'avocat de l'ancien militaire base a priori toujours sa stratégie sur des imprécisions sur l'heure exacte de la disparition de l'enfant.

Touchée sans doute la défense de Nordahl Lelandais, mais loin d'être coulée. L'enquête sur la disparition de Maëlys a connu un nouveau rebondissement avec la révélation de la rétractation de l'un des témoins favorable au principal suspect. Favorable, car ce membre de la famille de la petite fille expliquait dans sa première audition que Maëlys était encore présente lorsqu'il avait quitté les lieux. Or, il estimait son départ vers 3h15 du matin.

Ce point horaire est capital, c'est là-dessus qu'Alain Jakubowicz, l'avocat de l'ancien militaire en détention depuis le 3 septembre, fait reposer sa défense comme il l'a démontré lors de sa seule intervention médiatique sur le plateau de BFMTV. Nordahl Lelandais a en effet quitté la salle polyvalente de Pont-de-Beauvoisin à 2h46 selon les éléments à charge contre le suspect. Il n'est revenu que 39 minutes plus tard. Si l'enfant était encore là à 3h15, il n'a pas pu être l'auteur de l'enlèvement.

Mais ce témoignage s'est finalement retourné à la troisième audition. Le témoin y change finalement de version: "En premier lieu, j'ai dit au revoir à la mariée qui était à l'entrée de la salle, et je suis retournée dans la salle pour dire au revoir au marié, Eddy. J'ai alors vu Maëlys. Elle m'a tapé sur la fesse en me disant de faire un bisou à ma fille... Il était entre 2h45 et 3h. Je vous donne une fourchette car je n'ai pas regardé l'heure. Lorsque je suis parti, il était 3h10 ou 3h20".

Expliquer qu'il a vu l'enfant pour la dernière fois entre 2h45 et 3h (donc potentiellement une minute avant le départ de Nordahl et l'heure de l'enlèvement selon l'accusation) est donc un témoignage compatible avec les éléments à charge. Mais la défense a encore des cartes à jouer.

Primo, ce témoignage changeant reste imprécis: "entre 2h45 et 3h" peut tout aussi bien être un moment où Nordahl était déjà parti. De plus, un témoignage changeant à la troisième version restera sans doute, aux yeux de la défense, sujet à caution, d'autant que ce témoin laisse entendre qu'il a pu partir alors que l'enfant était recherchée par ses proches. Un élément curieux pour un membre de la famille.

Secundo, ce témoin n'était pas le seul à avoir affirmé que la fillette était encore là après 3h du matin. France-Soir avait révélé plusieurs témoignages de très proches de l'enfant qui, sur les réseaux sociaux, affirmaient que l'enfant était toujours là à 3h, tout en insultant copieusement Nordahl Lelandais. Les échanges sont depuis indisponibles.

Lire aussi: Exclusif - Les témoignages des proches de Maëlys qui corroborent la défense de Nordahl L.  

Cependant, face à la masse de faits concordants, qui s'ils ne sont pas des preuves rendent Nordahl Lelandais suspect –trace ADN dans la voiture, téléphone éteint lors des absences, comportement distant lors des recherches, nettoyage minutieux de la voiture– font peser les soupçons sur l'ancien maître-chien de l'armée. Sans même parler de sa mise en examen dans la disparition d'Arthur Noyer.

La défense de Nordahl Lelandais se retrouve fargilisée par ce changement de version.


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