Tariq Ramadan: pourquoi son alibi le jour du viol est remis en cause

Tariq Ramadan: pourquoi son alibi le jour du viol est remis en cause

Publié le :

Samedi 24 Février 2018 - 16:04

Mise à jour :

Samedi 24 Février 2018 - 16:16
© JACQUES DEMARTHON / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Selon le "Muslim Post", Tariq Ramadan, accusé de viol, serait bien arrivé le matin du 9 octobre 2009 à Lyon. La défense de l'islamologue avait avancé qu'il ne s'y était rendu que dans la soirée alors que l'agression sexuelle présumée aurait eu lieu dans l'après-midi ce jour-là.

Rebondissement dans l'affaire Tariq Ramadan. L'islamologue controversé accusé de viol par deux femmes voit son alibi mis à mal concernant l'agression présumée qui aurait eu lieu à Lyon le 9 octobre 2009, selon la plaignante.

La défense avait notamment argué que Tariq Ramadan, actuellement mis en examen, ne pouvait pas se trouver à Lyon dans l'après-midi quand aurait eu lieu l'agression, puisque son vol n'atterrissait qu'à 18h35. Mais la réservation de billet d'avion censée le démontrer a été égarée dans la procédure.

Lire aussi: Tariq Ramadan: mobilisation grandissante autour de son sort judiciaire

Mais c'est un autre document qui vient relancer le débat sur cet alibi. En effet, le Muslim Post s'est procuré un planning relatif à la conférence qu'avait ce jour-là donné l'islamologue à l'Union des jeunes musulmans. Il indique une arrivée à 11h15 à l'aéroport de Lyon. Selon le média, Tariq Ramadan avait bien à l'origine prévu d'arriver à 18h35 mais aurait par la suite décidé d'avancer son déplacement, ce qui expliquerait l'existence de la réservation perdue. 

Mais la valeur de ce nouveau document est à prendre avec précaution. Quand bien même il serait authentifié, il ne démontre pas à lui seul que Tariq Ramadan était bien à Lyon puisqu'il aurait très bien pu changer à nouveau ses projets. Et encore moins qu'il a utilisé ce temps pour agresser sexuellement la victime présumée. En revanche, si les enquêteurs venaient à confirmer qu'il est bien arrivé plus tôt, cela irait dans le sens d'une volonté de dissimuler sa présence à Lyon au moment des faits dénoncés.

Tariq Ramadan a été mis en examen pour viols le 2 février dernier. L'une des deux plaignantes, une femme de 40 ans qui a choisi le pseudonyme de "Christelle" et souffre d'un handicap physique, accuse l'universitaire de l'avoir violée et frappée lors de leur unique rencontre à Lyon en 2009.

La seconde plaignante, Henda Ayari, accuse, elle, Tariq Ramadan de l'avoir violée à Paris en 2012. Cette ancienne salafiste devenue militante féministe avait déjà raconté la scène dans son autobiographie en 2016, mais en désignant son agresseur présumé par un pseudonyme.

La défense de Tariq Ramadan avait évoqué un alibi montrant qu'il n'était pas sur place au moment d'un des viols dont il est accusé.


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