AFO et "Guerre de France": un remake de l'OAS pendant la guerre d'Algérie?

AFO et "Guerre de France": un remake de l'OAS pendant la guerre d'Algérie?

Publié le 26/06/2018 à 10:44 - Mise à jour à 11:04
© XAVIER LEOTY / AFP
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Auteur(s): La rédaction de France-Soir

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L'Action des forces opérationnelles, groupuscule d'extrême droite, menaçait de commettre des attentats contre des musulmans en vue d'une hypothétique guerre civile en France. Des méthodes et des cibles qui rappellent le combat de l'OAS pour le maintien de l'Algérie française.

Dix personnes liées à l'ultra-droite radicale ont été interpellées et placés en garde à vue samedi 23 au soir dans toute la France, notamment en Corse, par les services antiterroristes dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attentat ciblant des musulmans.

En effet, selon LCI, les gardés à vue ciblaient des imams radicaux, des détenus islamistes sortant de prison mais aussi des femmes voilées choisies au hasard dans la rue. Tous font partis du groupuscule Action des forces opérationnelles qui est lié au site Internet "Guerre de France" qui affiche une profonde détermination à mener une "guerre de civilisation" en France contre tout ce qui est considéré comme "ennemis de l'intérieur".

Lire aussi - Coup de filet dans l'ultradroite: les gardes à vue prolongées, les musulmans "préoccupés"

Parmi ces derniers, on trouve en premier lieu les "tenants du système islamique" -désignés sous le sigle "TSI"- soit, "principalement des musulmans d'origine ou convertis", auxquels se greffent d'autres soutiens "par affinité et «esprit de quartier»", "haine partagée de la police (et donc de l'armée) et des blancs" et "intérêts financiers dans les trafics". On y retrouve pêle-mêle les militants de gauche et d'extrême gauche mais aussi "les bataillons boboïdes des «humanistes», «droitsdelhommistes», bizounours".

Sur le site "guerre de France", on trouve de nombreuses références à la guerre d'Algérie. "La guerre récente qui se rapproche le plus du problème militaire posé est sans nul doute la Guerre d'Algérie", peut-on ainsi lire sur le site. "L'ennemi a sensiblement les mêmes origine, mentalité, éducation familiale, religion que les terroristes du FLN (Front de libération national, mouvement indépendantiste algérien, NDLR)", est-il encore écrit.

Il est fait mention de très nombreuses fois aux doctrines, et notamment du livre La Guerre moderne, du colonel Roger Trinquier qui théorise notamment la contre-insurrection. Il est également fait référence aux doctrines de guerre subversive de Charles Lacheroy, qui fut membre de l'Organisation armée secrète (OAS), groupe terroriste d'extrême droite responsable de nombreux attentats meurtriers au nom du maintien de l'Algérie française. L'OAS s'est notamment inspirée des tactiques et stratégies préconisées par les deux auteurs précédemment cités.

"Il y a une sorte de remake de la guerre d’Algérie, de la lutte entre la France et des gens qui sont vus comme les continuateurs de l’ennemi du temps de la guerre d’Algérie", analyse Jean-Yves Camus, politologue spécialiste des mouvements d'extrême droite. On notera que Guerre de France met plusieurs fois en garde contre les femmes, "que la taqqiya autorise à se comporter de manière contraire aux principes du Coran pour endormir la vigilance de nos hommes", en prenant l'exemple des militantes du FLN qui participaient à des attentats.

Voir - L'ultradroite en France, nébuleuse de groupuscules à la capacité de nuisance limitée

La campagne sanglante de l'OAS au cours des années 60, qui visait l'ensemble des sympathisants de la cause algérienne (et impliquait également des règlements de comptes au sein des différents mouvements d'opposition à l'indépendance) reste aujourd'hui une référence pour de nombreux groupuscule d'extrême droite violent, et AFO ne fait pas exception.

Ainsi en octobre 2017, une cellule terroriste se faisant également appeler OAS pour se revendiquer de l'OAS historique a été démantelée par les services de renseignements français. Cette dernière avait prévu des attentats contre des kebabs, lieux de culte, notamment des mosquées (en particulier celle de Vitrolles alors en construction), des hommes politiques, notamment Jean-Luc Mélenchon, le leader de France insoumise et le porte-parole du gouvernement d'Edouard Philippe, Christophe Castaner. 

Toutefois, selon la DGSI, les "capacités opérationnelles" de ces groupuscules "apparaissent limitées" compte tenu de leurs actions en "ordre dispersé". Loin donc de la force de frappe que réprésentait l'OAS pendant, et surtout après , la guerre d'Algérie où le grouspuscule a pu compter jusqu'à plus d'un millier de membres et de sympathisants, raillant des militaires de hauts rangs et bénéficiant d'un soutien financier important permettant de perpétrer une quantité importante d'actions à caractère terorriste, en vain.

Auteur(s): La rédaction de France-Soir


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L'AFO identifie les musulmans et leurs soutiens supposés "les continuateurs de l’ennemi du temps de la guerre d’Algérie".

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