Aisne: "Un grand malade, une bombe en puissance", un récidiviste sous castration chimique condamné pour la détention de 2 millions d'images pédophiles

"Un fléau"

Aisne: "Un grand malade, une bombe en puissance", un récidiviste sous castration chimique condamné pour la détention de 2 millions d'images pédophiles

Publié le :

Vendredi 02 Juin 2017 - 07:47

Mise à jour :

Vendredi 02 Juin 2017 - 16:41
Il a déjà été condamné deux fois, était suivi par des psychiatres, et devait se soumettre à un traitement dit de "castration chimique". Rien n'y a fait. Un trentenaire résidant dans l'Aisne a été condamné à cinq ans de prison pour la détention d'une quantité inimaginable de vidéos et photos pédophiles, mettant parfois en scène des bébés.
©Damien Meyer/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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"Ce chiffre est un triste record" admet, dépité, le procureur de la République lors du procès mercredi 31 mai devant le tribunal correctionnel de Laon d'un homme de 38 jugé pour détention et partage d'images pédopornographiques.

Et le "record" a effectivement de quoi faire froid dans le dos. Une collection de plus de 2 millions d'images pédophiles et 17.000 vidéos représentant des actes sexuels avec des enfants, souvent accompagnés de sévices divers a été retrouvée chez cet habitant de Soissons (Aisne). Mais il y a encore plus grave: le détenteur de l'affreux record était en état de récidive, faisait l'objet d'un suivi sociojudiciaire et devait se soumettre à des mesures de castration chimique. Cela ne l'a empêché en rien de poursuivre ses activités de pédophile, et de détenir les clichés et vidéos de malheureux enfants, qu'il avait soigneusement classés selon un code couleur. "Je n’ai pas de mot pour décrire l’horreur qu’ont subie ces enfants, parfois ce sont des bébés. Pour le commun des mortels, ça évoque le dégoût. Monsieur y voit de la jouissance" lâchera même le procureur.

Le procès était donc aussi, en filigrane, celui de l'échec de la justice à suivre correctement l'accusé condamné deux fois pour des faits similaires en 2008 et 2013. Depuis 2014, le trentenaire suivi par plusieurs psychiatres devait prendre chaque semaine un traitement sensé inhiber sa sexualité déviante. Il retirait bel et bien les médicaments à la pharmacie, mais ne les avalait jamais. La justice n'a rien vu. L'accusé a même expliqué que ses pulsions étaient plus fortes que lui et qu'il en appelait à une castration chirurgicale: "Faudrait tout m’enlever, comme ça, il n’y aura plus de problème" implore-t-il, une disposition totalement interdite en France.

L'homme a été piégé par un agent infiltré sur les réseaux sociaux pour traquer les pédophiles, alors qu'il surfait sur l'ordinateur de son frère parti en voyage. Reconnu coupable et en état de récidive, l'accusé a été condamné à cinq ans de prison ferme. Mais même son avocate, qui réclamait le placement en hôpital psychiatrique, se désole de la situation et admet déjà un risque de récidive: "Il va faire cinq ans de prison, et après? Ce genre de personne est un fléau. C’est un grand malade, une bombe en puissance. La justice ne peut rien faire".

C'est maintenant la troisième fois que l'homme est condamné pour ces faits.

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