L'AP-HP admet sa responsabilité dans le décès d'un patient, mort dans le parking après une fugue

L'AP-HP admet sa responsabilité dans le décès d'un patient, mort dans le parking après une fugue

Publié le :

Jeudi 02 Mars 2017 - 12:59

Mise à jour :

Jeudi 02 Mars 2017 - 13:01
©Thomas Samson/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris reconnaît la série de défaillance dans la mort d'un patient en janvier. La victime, souffrant de troubles psychiatriques, avait fait une fugue et s'était retrouvée coincée dans le parking, avant que son cadavre ne soit découvert trois jours plus tard.

L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris vient de le reconnaître: oui, elle est bel et bien responsable de la mort d'un patient disparu à l'hôpital George Pompidou à Paris le 28 janvier 2016, et dont le cadavre a été retrouvé le 31… dans une issue de secours du parking. Un fait divers terrible qui met en lumière une double défaillance: la première est d'avoir "perdu" le patient qui souffrait de troubles psychiatriques, la deuxième est de ne pas avoir trouvé malgré des recherches la malheureuse victime qui n'avait pas quitté l'enceinte de l'hôpital.

Le patient a en effet disparu lors de son transfert du Centre hospitalier psychiatrique Sainte-Anne au service de médecine interne de George Pompidou. Il faudra attendre sept heures avant que le personnel du second établissement s'aperçoive que ce patient, qui avait un risque de fugue élevé, avait disparu. Une infirmière s'apercevra en effet à 7h40 que le patient n'était pas dans sa chambre, mais l'alerte ne sera donnée que l'après-midi. Le personnel en charge du malade expliquera en effet avoir supposer que le malade s'était rendu à la cafétéria.

Le processus de recherche, déjà débuté tardivement, s'avèrera en outre inefficace. Trente rondes seront organisées pour arpenter l'immense bâtiment, sans succès. Le frère de la victime accuse d'ailleurs sur l'antenne de RTL le manque de qualité des recherches. "Les services de sécurité, quand ils font une ronde, se contentent de regarder et surveiller dans les recoins, mais ils ne poussent pas les portes, ils n’ouvrent pas les portes. La porte n’a été poussée que malheureusement trop tard, trois jours après" explique-t-il.

Autre facteur négatif dans cette conjonction menant au drame: une panne de vidéosurveillance qui empêchera de voir que le malade finira dans son errance par pousser une porte coupe feu dans le sous-sol de l'établissement, qu'il ne pourra jamais rouvrir dans l'autre sens. La caméra couvrant l'endroit ne fonctionnait pas, personne ne découvrira donc qu'il finira par mourir dans ce recoin.

L'AP-HP a annoncé une vigilance accrue dans tous les établissements et l'instauration du port pour les malades volontaires d'un dispositif de localisation, un renforcement du parc des caméras, et un la mise en place d'un processus de récupération de photos auprès des proches pour faciliter les signalements des patients égarés. L'hôpital George Pompidou n'en est de plus pas à son premier scandale de l'année: dans la nuit du 5 au 6 février, une semaine à peine après les faits, un infirmier de l'établissement s'était suicidé en se jetant dans le vide depuis l'établissement alors qu'il n'était pas de service.

La victime n'a été retrouvée, morte, que trois jours plus tard.


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