Après les fausses rumeurs d'enlèvement, une nuit de "chasse aux Roms" en Ile-de-France

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La rédaction de France-Soir
Publié le 27 mars 2019 - 12:00
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La police a lancé un appel à témoins après la disparition "inquiétante" de deux lycéennes de l'agglomération lyonnaise
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© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP/Archives
De nombreuses agressions de roms ont été perpétrées dans la nuit en Ile-de-France après des fausses rumeurs d’enlèvements.
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Malgré la réaction de la police face à cette "fake news" des dégradations et violences ont éclaté en Ile-de-France. Des groupes ont attaqué des Roms accusés, à tort, d'enlever des enfants dans la nuit de mardi 26 à ce mercredi 27.

La rumeur enfle malgré l'intervention de la police. Des agressions et des dégradations, visant des personnes de la communauté rom, ont été perpétrées dans la nuit de mardi à ce mercredi en Ile-de-France.

Cela fait suite à une rumeur, infondée, selon laquelle des Roms à bord d'une camionnette seraient à l'origine d'enlèvements de femmes et d'enfants dans plusieurs villes de la région parisienne.

Après une première agression de "suspects" par un groupe de jeunes, la police a réagi mardi en assurant que toute cette rumeur était infondée.

Les maires des villes concernées, Aulnay-sous-Bois et Sarcelles notamment, ont eux-mêmes appelé au calme.

A voir aussi: Fausses rumeurs d'enlèvements en Ile-de-France: la police réagit

Mais visiblement les diverses fausses alertes partagées par des internautes sur les réseaux sociaux ont eux raison des habitants et certains ont semble-t-il décidé de se faire "justice" eux-mêmes, estimant comme on peut le lire sur Twitter notamment, que la police essaie "d'étouffer" l'affaire.

Ainsi vers 20h à Clichy-sous-Bois, une vingtaine de personnes armées de bâtons s'en sont pris à des Roms qui squattaient un pavillon. Ils ont finalement réussi à prendre la fuite et a se réfugier dans un supermarché. L'un des agresseurs a immédiatement été interpellé par des membres de la BAC. Quatre autres personnes ont quant à elle été appréhendées par la police, elles étaient armée de bâtons et de cailloux.

En tout cinq personnes dont deux mineurs ont été placés en garde à vue.

Presque en même temps à Bobigny, une groupe d'une cinquantaine d'individu, armés de bâtons encore une fois mais aussi de couteaux, ont menacés des Roms, installés le long de la RN3 selon LCI.

Deux de leurs camionnettes ont été incendiées. Arrivés sur les lieux les policiers ont arrêté sept personnes, dont deux Roms et un mineur, ils ont tous été placés en garde à vue.

Une autre vague d'arrestation a eu lieu plus tard dans la nuit dans cette même commune. Deux Roms et six individus qui les agressaient ont été interpellés alors qu'ils étaient armés de barres de fer, de bâtons, de pioches, de briques et de couteaux.

Globalement, la nuit a été longue pour les policiers du secteur qui ont du répondre à différents appels signalant des groupes de personnes armées de bâtons à proximité de camps de Roms.

Des vidéos des agressions commises dans la nuit ont aussi parfois été diffusées sur les réseaux sociaux.

Pour rappel: aucune plainte pour enlèvement n'a été déposée d'après de la police. Il y a bien sûr des cas de fugue mais rien n'indique que les personnes concernées pourraient avoir été enlevées.

La police a bien été alertée par ces rumeurs et a menée des recherches: il s'est avéré que les témoignages ne décrivaient jamais la même camionnette et que jamais une famille n'avait porté plainte.

"Il y a simplement une main courante au sujet d’une jeune fille qui aurait été interpellée par des personnes depuis la fenêtre d’un véhicule dans le quartier du Village", assurait de son côté le maire de Sarcelles.

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