Attaque dans une prison près d'Alençon: le point à la mi-journée

Attaque dans une prison près d'Alençon: le point à la mi-journée

Publié le :

Mardi 05 Mars 2019 - 15:56

Mise à jour :

Mardi 05 Mars 2019 - 15:56
© GUILLAUME SOUVANT / AFP/Archives
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La rédaction de France-Soir

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Un détenu identifié comme radicalisé a attaqué deux gardiens au couteau, ce mardi à la prison de Condé-sur-Sarthe près d'Alençon. Le point sur les faits à la mi-journée, alors que l'homme est toujours retranché.

Michaël Chiolo, détenu identifié comme radicalisé, a attaqué deux gardiens à coups de couteau ce mardi matin à la prison de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon (Orne). Les surveillants ont été grièvement blessés (l'un d'eux serait "éventré") et évacués vers un hôpital, tandis que le détenu s'est retranché après son acte considéré comme "terroriste" selon la garde des Sceaux Nicole Belloubet.

Lire: Alerte- Alençon: le prisonnier radicalisé poignarde les surveillants au cri de "Allah akbar"

Il était aux alentours de 9h45 lorsque le détenu est passé à l'acte. Selon les premières informations disponibles, sa femme aurait simulé un malaise pour attirer les gardiens dans le traquenard. Elle et son mari se seraient alors jetés sur eux au cri de "Allah akbar" et avec une violence extrême: l'un des surveillants a eu les poumons perforés, l'autre serait "éventré". Tous deux comportent également des blessures au visage.

C'est à l'aide d'un couteau en céramique, qui ne fait donc pas sonner les détecteurs de métaux, que le couple serait passé à l'acte. L'arme aurait été introduite par la femme à son entrée dans la prison pour un parloir conjugal dans une "unité de vie familiale". Enceinte, elle n'aurait pas été fouillée.

Depuis l'attaque, sur place, la situation est figée. Des équipes d'intervention spéciales, ERIS et RAID, ont été déployées dans la prison, tandis que le couple s'est retranché dans l'unité. Mais elles ne peuvent intervenir à ce stade, ce mardi en début d'après-midi, car un autre détenu serait lui aussi dans cette unité familiale, potentiellement avec des membres de sa famille donc. Les forces d'intervention n'ont ainsi toujours pas établi de contact.

L'attaque de ce mardi est "seulement" le deuxième acte officiellement qualifié d'attentat à se produire dans une prison française après celle d'Osny, en 2016, lorsqu'un détenu avait transpercé la gorge d'un gardien avec un couteau. Pour autant, les violences commises par des prisonniers identifiés comme radicalisés sont toutefois loin d'être une rareté. Deux agressions s'étaient même produites en quatre jours en janvier 2018, respectivement à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) et Mont-de-Marsan (Landes), faisant un total de 10 gardiens blessés et déclenchant un vaste mouvement de colère des fonctionnaires pénitentiaires.

Rien que pour cette année 2019, au moins trois autres cas (en plus de ce mardi donc) ont été médiatisés, notamment celui d'un homme se disant proche du Hezbollah qui menaçait de tuer des policiers à sa sortie de prison. Un pistolet mitrailleur et des munitions ont été par la suite découverts à son domicile.

Les détenus en lien avec l'islam radical sont ainsi nombreux dans les prisons françaises: environ 1.500 prisonniers sur les 70.000 personnes détenues en France, selon les chiffres datant de mi-décembre 2018. Les deux tiers d'entre eux, soit environ 1.000 prisonniers, sont même considérés comme dangereux et surveillés de près.

Est-ce le cas de Michaël Chiolo? Tout ce que l'on sait à ce stade c'est que l'homme a été condamné en 2014 à une très longue peine (28 ans de prison) pour un crime crapuleux particulièrement sordide. Converti à l'islam depuis 2010, il se serait tourné vers une lecture rigoriste de sa religion après son incarcération. Derrière les barreaux, il s'est distingué en 2015 pour apologie d'actes terroristes après les attentats du Bataclan.

Lire nos articles sur ces sujets:

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Le détenu radicalisé est, ce mardi à la mi-journée, toujours retranché avec sa femme.

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