Attentat de Nice: des huissiers dans les imprimeries de "Paris-Match", le magazine en colère

Attentat de Nice: des huissiers dans les imprimeries de "Paris-Match", le magazine en colère

Publié le :

Jeudi 03 Août 2017 - 17:52

Mise à jour :

Jeudi 03 Août 2017 - 18:06
©Valery Hache/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Deux huissiers accompagnés de policiers se sont rendus mardi dans les locaux des imprimeurs de "Paris-Match" "afin de vérifier la bonne exécution de la décision du 13 juillet", laquelle ordonnait au magazine de ne pas republier des photos "chocs" sur l'attentat de Nice. L'hebdomadaire a publié un communiqué afin de faire part de sa "stupéfaction".

A la demande du procureur de la République de Paris, deux huissiers accompagnés de policiers se sont rendus mardi 1er dans les locaux des imprimeurs de Paris-Match "afin de vérifier la bonne exécution de la décision du 13 juillet", laquelle ordonnait au magazine de ne pas republier des photos "chocs" sur l'attentat de Nice issues des caméras de vidéosurveillance. En effet, l'hebdomadaire avait l'intention de sortir un numéro dans lequel était proposé un dossier sur l'attaque terroriste.

La justice avait alors interdit à Paris-Match à la mi-juillet toute nouvelle publication de photos mais n'avait, en revanche, pas ordonné le retrait des kiosques du numéro. Cette visite a donc été une véritable "surprise" pour le magazine. "Ils se sont fait remettre sous la contrainte tous les documents relatifs à l’impression du numéro contenant les images déjà poursuivies de l'attentat de Nice, au prétexte que Paris Match aurait pu tenter de faire disparaître ou maquiller des preuves et de faire pression sur ses imprimeurs", a dénoncé le média.

Et d'ajouter: "Le respect de la liberté de la presse suppose un certain discernement dans l'usage de la force publique à l'encontre des éditeurs et de leurs imprimeurs. Cet usage de la force publique, inédit dans l’histoire du journal, est exorbitant". De plus, l'hebdomadaire a précisé qu'il avait "toujours respecté les décisions de justice, et n’a pas pour habitude de dissimuler quoi que ce soit ni de faire pression sur ses imprimeurs".

Pour rappel, le 14 juillet à Nice (Alpes-Maritimes), un attentat au camion-bélier avait fait 86 morts et de nombreux blessés sur la Promenade des Anglais. Son auteur, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, avait foncé sur la foule au volant d'un camion de 19 tonnes et avait fait feu sur des policiers avant d'être abattu. Revendiquée par l'Etat islamique, l'attaque avait eu lieu le jour de la fête nationale alors que 30.000 personnes étaient rassemblées pour admirer le feu d'artifice. 

"Paris Match" a publié un communiqué afin de faire part de sa "stupéfaction" suite à la visite de plusieurs huissiers dans les locaux de ses imprimeurs.


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