Attentat de Nice: une victime réclame 330.000 euros, on lui propose dix fois moins

Attentat de Nice: une victime réclame 330.000 euros, on lui propose dix fois moins

Publié le :

Lundi 27 Février 2017 - 10:51

Mise à jour :

Lundi 27 Février 2017 - 11:02
©Valery Hache/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Au moins une des victimes de l'attentat de Nice, qui avait fait 86 morts et 250 blessés le 14 juillet dernier, s'apprête à saisir le tribunal de grande instance de Créteil pour contester le montant qui lui a été proposé. Elle avait réclamé 330.000 euros après avoir perdu sa mère de 64 ans.

Plus de sept mois après l'attentat meurtrier à Nice, plus de 2.000 dossiers d'indemnisation ont été déposés et 16,3 millions d’euros ont déjà été versés. Mais le montant de ces sommes ne semble apparemment pas satisfaire toutes les victimes. Selon Franceinfo, au moins l'une d'elles  va contester ce qui lui a été proposé et déposer une requête devant le tribunal de grande instance de Créteil. Prénommée Natacha Buchet, elle avait demandé 330.000 euros après avoir perdu sa mère de 64 ans dans l'attentat qui a fait 86 morts et 250 blessés. Cette dernière avait l'habitude de garder ses enfants, les mercredis et pendant les vacances.

Seulement voilà: la proposition d'indemnisation qui lui a été faite ne prend pas en compte le préjudice économique que subit depuis cette mère célibataire. Ni le préjudice d'attente et d'inquiétude car cette dernière n'a su que quatre jours après le drame que sa mère faisait partie des victimes.

Selon ses dires, on lui aurait fait une offre dix mois moins élevée. "Avec ce qu'il (l'Etat, NDLR) me donne, je peux payer une nounou pendant deux ans et demi à hauteur de ce que faisait ma mère", a-t-elle déploré dimanche 26 à la radio. Une consternation partagée par son avocat, Maître Morain: "On a été bercé depuis plusieurs mois au travers des discours, des commémorations, de propos disant que tout serait fait par la nation pour réparer, autant que faire se peut, la douleur des victimes. Et ce tout devient un presque rien, d’où l’indignation".

De son côté, Juliette Méadel, la secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes, a tenu à lui répondre. "Il n’y a pas d’indemnisation de la douleur qui corresponde à la douleur", a- t-elle estimé sur Franceinfo précisant que "les estimations qui sont faites par les avocats sont très souvent très supérieures à la réalité de l’indemnisation". Elle a également rappelé que "l’indemnisation du préjudice économique se fait sur la production de pièces, de certificats qui sont capables d’attester quel est exactement le manque à gagner ou la dépense supplémentaire qui résulte de la perte de sa mère qui s’occupait de ses enfants. Il faut toujours prouver. Le fonds indemnise sur pièces et non sur la foi d’une déclaration".

La mère de la victime gardait ses enfants.


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