Cherbourg: il soutenait la stérilisation ou la mise à mort des handicapés, le médecin écope de 6 mois de suspension

Cherbourg: il soutenait la stérilisation ou la mise à mort des handicapés, le médecin écope de 6 mois de suspension

Publié le :

Mardi 11 Juillet 2017 - 09:14

Mise à jour :

Mardi 11 Juillet 2017 - 09:15
Un docteur membre de SOS Médecins à Cherbourg a été sanctionné par son ordre professionnel vendredi, et écopera de six mois de suspension (dont trois avec sursis). En janvier, il avait soutenu devant une infirmière de l'inutilité des handicapés (sauf de ceux sur qui étaient pratiquées des expériences dans l'Allemagne nazie) et ne pas être opposé à leur suppression physique. Il risquait la radiation définitive.
©Philippe Huguen/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Il n'avait pas cherché à nier ses propos devant la chambre disciplinaire de l'ordre régional de sa profession. Le médecin qui avait déclaré en janvier à une infirmière, et en présence d'un malade qu'il était plutôt favorable à la stérilisation des handicapés, voire à leur élimination physique, vient d'être suspendu six mois de ses fonctions (dont trois mois avec sursis). Une peine prononcée vendredi 7 plutôt modérée par rapport aux risques encourus, en considérant que l'Agence régionale de santé avait demandé contre lui une radiation pure et simple.   

Le 21 janvier dernier, ce généraliste membre de SOS Médecins à Cherbourg attendait aux côtés d'une infirmière l'arrivée d'une ambulance devant prendre en charge un parient lourdement handicapé. C'est là qu'il s'est laissé aller à des confidences plutôt surprenantes. Il a expliqué en effet que les "neuneus" qui, sous le régime nazi, ont servi de cobayes pour des expériences médicales "ont été utiles", et que ceux qui ont été mis à  mort dans les premières phases de la solution finale étaient "les individus qui ne servaient à rien dans la société". Il a assuré à l'infirmière que "si on parle de façon intellectuelle, c'est logique". Il a expliqué également ne pas comprendre qu'on laisse les handicapés "se reproduire" précisant: "Parfois, un bon coup de cyanure et paf!". Face à de tels propos, l'infirmière a alerté sa hiérarchie.

Devant l'ordre régional, le médecin n'a pas nié ses propos, expliquant seulement qu'il s'agit de paroles "cyniques, désabusées et philosophiques" qui en outre été proférées "dans un cadre privé". Il assurait aussi que l'infirmière n'a sans doute pas compris la portée "philosophique" de ses paroles. Sans se réclamer clairement de l'eugénisme, il a déploré une absence de mesures en ce sens qui aboutit à maintenir des "générations entières de personnes sous tutelle ou curatelle".

Le médecin a la possibilité de faire appel de la décision.

Le médecin a essayé de se justifier, mais n'a jamais nié ses propos.


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