Christine Rivière, dite "Mamie djihad", partie rejoindre l'Etat islamique par amour pour son fils

Christine Rivière, dite "Mamie djihad", partie rejoindre l'Etat islamique par amour pour son fils

Publié le :

Mercredi 04 Juillet 2018 - 09:03

Mise à jour :

Mercredi 04 Juillet 2018 - 09:10
Christine Rivière, convertie au djihad par amour pour son fils, a été condamnée ce mardi en appel à dix ans de prison. Son parcours est pour le moins atypique en raison de son âge et de ses motivations.
© DAMIEN MEYER / AFP/Archives
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La rédaction de France-Soir

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Christine Rivière, surnommée "Mamie djihad", mère de Tyler Vilus, un djihadiste français devenu "émir" en Syrie, a été condamnée mardi 3 à dix ans de prison par la cour d'appel de Paris, pour association de malfaiteurs à visée terroriste mais aussi financement du terrorisme.

Pour rejoindre son fils, qu'elle adore et idéalise, elle s'est rendue trois fois en Syrie entre 2013 et 2014 dans des zones contrôlées par l'organisation Etat islamique. Elle a finalement été interpellé en en juillet 2014, alors qu'elle partait s'installer définitivement en zone irako-syrienne. Elle n'a jamais cherché à caché ses liens avec l'islam radical.

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C'est d'ailleurs au contact de Tyler Vilus, avec qui elle entretient un "rapport fusionnel" selon les enquêteurs, que cette quinquagénaire va se convertir à l'islam et se radicaliser en 2011 alors qu'elle se trouve avec lui en Tunisie où il fréquente des milieux radicaux. Sur place, il a notamment participé au saccage de l’ambassade américaine à Tunis en 2012, à l’appel du groupe djihadiste Ansar al-Charia, comme l'explique le journal Le Monde.

C'est avec le soutien financier et logistique de sa mère que Tyler Vilus a fini par rejoindre l'Etat islamique dans la zone irako-syrienne en 2013. Sur place, il est proche du groupe de djihadistes de la "brigade des immigrés", considérée comme "la cellule souche" des attentats de Paris dans laquelle on retrouve les djihadistes Abdelhamid Abaaoud, Medhi Nemmouche ou encore Najim Laachraoui.

Christine Rivière, de son côté, a toujours nié avoir apporté un soutien à l'organisation terroriste ou avoir elle-même combattu pour l'EI lors de ses voyages au Levant. Toutefois, des photos d'elle portant des armes ont été découvertes par les enquêteurs: "Je suis une mère qui va voir son fils, c’est normal. Je porte une kalachnikov pour me défendre, comme tout le monde là-bas, j’envoie de l’argent à mon fils, ça aussi, c’est normal".

Elle a toutefois assuré vouloir vivre en terre d'islam, dans un pays où elle pourrait pratiquer la charia et profiter de son fils avant qu'il ne tombe en martyr. "Je préfère vivre en Syrie plutôt qu'en France, malgré les bombardements et les tirs", a-t-elle livré aux enquêteurs. Et d'ajouter froidement: "Nous, les salafistes, on fait la guerre aux gens qui ne se comportent pas comme des musulmans".

Selon Le Point, Christine Rivière est aujourd'hui la doyenne de la trentaine de femmes revenues de Syrie et incarcérées en France. En détention, elle se montrerait particulièrement fermée à tout processus de déradicalisation.  Le personnel pénitentiaire affirme n'avoir "aucune prise sur cette détenue, parfaitement adaptée au fonctionnement carcéral, et qui rendait le travail de déradicalisation impossible par son refus d'y adhérer".

"Je suis utile en France", disait-elle à son fils en décembre 2013. "Le dossier démontre cette utilité", a déclaré l'avocate générale lors de son procès: "elle était utile pour recruter des candidates au djihad, utile pour marier son fils avec des «vraies sœurs», utile pour fournir de la logistique à un certain nombre de djihadistes, utile pour collecter des fonds".

Christine Rivière a été condamnée ce mardi en appel à dix ans de prison.

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