Combien d'attentats ont été commis par des fichés "S" étrangers?

Combien d'attentats ont été commis par des fichés "S" étrangers?

Publié le :

Lundi 26 Mars 2018 - 16:48

Mise à jour :

Lundi 26 Mars 2018 - 16:59
©Thomas Samson/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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L'expulsion des fichés "s" étrangers est régulièrement proposée pour juguler la menace terroriste en France. Néanmoins, depuis 2015, seuls deux attentats ont été commis par des djihadistes rentrant dans cette catégorie.

Le sujet est récurent après chaque attentat meurtrier qui endeuille la France: la gestion des fichés "S", et notamment des étrangers. Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan ou encore Valérie Boyer ont encore demandé l'expulsion "immédiate" de tous les fichés "S" étrangers du territoire français.

De son côté, Christophe Castaner, président de la République en Marche, a expliqué sur Europe 1 que "60% des auteurs d'attentats ces dernières années ne sont pas fichés S et ne sont pas ressortissants étrangers. On peut vouloir se faire peur, on peut tenter d’en faire de la petite récupération politique… Je pense que le débat politique mérite mieux que ça".

Lire aussi - En France, quel fichage pour les radicalisés?

En effet, depuis les attentats de janvier 2015, seules deux attaques terroristes ont été perpétrés par des fichés "s" étrangers. Il s'agit de l'attentat manqué contre des églises de Villejuif en avril 2015 et qui a coûté la vie à Aurélie Châtelain, tuée par le terroriste présumé Sid Ahmed Glam (de nationalité algérienne). Vient ensuite la tentative d'attentat dans un Thalys le 21 août 2015, perpétré par Ayoub El Khazzani (de nationalité marocaine) et déjouée par des passagers du train.

Voir également - Fusillade dans le Thalys: Ayoub El Khazzani avait "une cible précise"

Les autres auteurs d'attentats en France étaient soit de nationalité française, soit binationaux, soit d'une autre nationalité mais suivi par des services de renseignements étrangers, ou encore inscrits au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste.

A noter que toutefois, les binationaux peuvent être déchus de leur nationalité française et par conséquent ils peuvent ainsi être expulsés du territoire national.  

La fiche S est un outil de police servant notamment à repérer un individu lorsqu'il tente de passer les frontières. Elle ne justifie pas à elle seule l'inscription au FSPRT qui regroupe actuellement les identités de plus 20.000 personnes. Il faut qu'il y ait d'autres facteurs aggravants, indiquant une radicalisation ou une volonté de passer à l'acte.

La fiche S est une balise et non un indice ou une preuve de culpabilité. Ainsi, transmettre les noms des fichés S de leurs communes aux maires, comme certains le demandent, ne serait pas forcément pertinent et est actuellement impossible en l'état de la loi.

A noter d'ailleurs que ce fichier est particulièrement large allant des soupçonnés de terrorisme aux activistes politiques, notamment d'ultragauche ou d'extrême-droite, mais aussi certains hooligans, selon différents degrés de dangerosité.

Seuls deux attentats ont été commis en France par des fichés "s" étrangers depuis 2015.


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