Défenestrée par son ami et paralysée, l'Etat la considère en partie responsable

Défenestrée par son ami et paralysée, l'Etat la considère en partie responsable

Publié le 04/01/2019 à 13:44 - Mise à jour à 14:00
© Kenzo TRIBOUILLARD / AFP/Archives
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Auteur(s): La rédaction de France-Soir

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Une jeune femme victime de violences conjugales, défenestrée par son ex-compagnon et paralysée depuis, a été considérée en partie responsable de sa situation par le Fonds de garantie des victimes, qui ne lui a pas accordé toutes les indemnités auxquelles elle avait droit. Une décision qui a scandalisé Marlène Schiappa.

Une jeune femme victime de violences conjugales, paraplégique depuis que son compagnon l'a jetée par la fenêtre une nuit d'août 2013, a été considérée en partie responsable de sa situation par l'Etat, qui, via le Fonds de garantie des victimes (FGTI), ne lui a pas accordé toutes les indemnités auxquelles elle avait normalement le droit.

Pour le FGTI, il y a eu "partage des responsabilités" car la jeune femme, qui avait 25 ans au moment des faits, n'aurait pas dû selon les personnes qui ont traité son dossier retourner chez elle le soir de son agression.

Les faits remontent au 24 août 2013. La victime a fui son domicile après que son compagnon a agressé un ami et menacé de s'en prendre à elle. Elle prévient la police qui lui conseille de se réfugier chez un proche. Mais elle ne parvient pas à joindre d'ami ou de membre de sa famille pour l'héberger alors elle décide de rentrer dormir chez elle.

A peine a-t-elle passé le seuil de la porte que son compagnon, toujours hors de lui, l'agresse. Il lui hurle dessus, l'insulte puis la jette par la fenêtre du deuxième étage. Gravement blessée, elle restera paraplégique à vie.

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L'homme a écopé de 15 ans de prison et la justice fixe l'indemnité de sa victime à 90.000 euros pour l'aider au quotidien à gérer son handicap.

Mais la première décision du FGTI a profondément choqué la jeune femme qui a fait appel, par l'intermédiaire de ses avocats, à la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi) pour obtenir enfin son indemnité.

En février 2018, la Civi évoque aussi un partage des responsabilités et propose de verser une partie de l'indemnité due: à savoir 67.500 euros. "Ce qui nous a choqués, c'est qu'il a écrit le mot victime entre guillemets, comme si notre cliente n'était pas une vraie victime", a confié à la presse un de ses avocats.

L'affaire, révélée par Le Maine Libre, a profondément choqué Marlène Schiappa. La secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes qui a poussé un coup de gueule et assuré jeudi 3 janvier qu'elle était prête à intervenir personnellement dans ce dossier: "Une femme n'est JAMAIS responsable des violences dont elle est victime".

Les avocats de cette jeune femme, originaire du Mans, ont fait appel. Une nouvelle audience est prévue le 27 mai prochain.

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Une jeune femme défenestrée par son compagnon, et paralysée depuis, n'a pas obtenu toutes les indemnités du Fonds de garantie des victimes (illustration).

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