Départementales 2015: un rabbin toulousain, empêché de voter à cause de sa kippa, porte plainte

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MM
Publié le 27 mars 2015 - 10:21
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Deux rabbins portant une kippa.
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©Régis Duvignau/Reuters
Un rabbin a failli ne pas voter à Toulouse à cause de la kippa qu'il portait.
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Un rabbin toulousain a décidé de porter plainte après un incident qui s'est déroulé dans un bureau de vote dimanche 22. Une assesseur lui a demandé avec insistance de retirer sa kippa pour pouvoir voter.

Le grand rabbin de Toulouse Avraham Weill a décidé de porter plainte pour discrimination à cause d'un incident qui est survenu lors du premier tour des élections départementales, dimanche 22 mars.

Alors qu'il se présente au bureau de vote de l'école  Nord, situé boulevard d'Arcole, il est pris à partie par une déléguée du Parti communiste français présente comme assesseur dans ce bureau. Celle-ci s'oppose à son vote au nom "de la neutralité du bureau" parce qu'il porte un signe religieux: en l'occurrence sa kippa.

En l'absence de la présidente du bureau de vote, et sur l'insistance des autres délégués présents, Avraham Weill a finalement pu remplir son devoir citoyen. Il assure également avoir été soutenu par les autres électeurs. Mais la déléguée qui s'était opposée à son vote a obtenu que l'incident soit inscrit au procès-verbal du bureau de vote. 

Le rabbin considère l'attitude de la déléguée comme discriminatoire, "selon moi, c'est lié à ce que je représente. Elle a créé un trouble, il y avait une volonté de m'empêcher de voter" a-t-il expliqué. Et d'ajouter: "je vote depuis l'âge de 18 ans et je n'ai jamais vu cela, jamais je n'ai connu de problème".

Contactée par le journal La Dépêche, la délégué du PCF s'est dite étonnée de ce dépôt de plainte: "je ne connaissais ni sa fonction, ni son nom. J'ai juste posé la question de savoir s'il était normal ou pas de porter une kippa. Je n'ai pas voulu l'empêcher de voter. En aucun cas je ne suis antisémite. Je n'étais pas sûre, tout simplement".

La loi électorale n'interdit pas les signes religieux dans les bureaux de vote, même si ceux-ci sont placés dans un établissement scolaire. En revanche, elle interdit les signes distinctifs d'appartenance à un mouvement politique et les messages de cette nature.