Djihadisme français: le parcours de Sid Ahmed Glam se précise

Nébuleuse terroriste

Djihadisme français: le parcours de Sid Ahmed Glam se précise

Publié le :

Lundi 03 Août 2015 - 16:10

Mise à jour :

Lundi 03 Août 2015 - 16:38
L'enquête sur l'attentat manqué de Villejuif du 19 avril a permis d'identifier une partie des complices de Sid Ahmed Glam et de ses commanditaires qui se trouveraient en Syrie. Ces révélations dressent un véritable tableau de la nébuleuse djihadiste française et montrent une certaine forme de hiérarchie.
©Google Street View
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A la suite de l'attentat manquée contre une église de Villejuif le 19 avril dernier, les experts des réseaux terroristes étaient catégoriques: Sid Ahmed Glam n'est pas un "loup solitaire", il n'a pas agi seul. C'est d'ailleurs très rarement le cas, comme le soulignait le juge anti-terroriste Marc Trévidic dans son livre, Terroristes: les 7 piliers de la déraison (Ed. JC Lattès).

C'est ce que prouvent également les révélations parues ce lundi 3 août dans Le Monde sur les liens qu'entretenait le jeune terroriste avec une bonne partie de la nébuleuse djihadiste française.

C'est au cours d'un voyage en Turquie en 2014 que le jeune Algérien aurait rencontré des membres du groupe Etat islamique qui lui auraient demandé de commettre un attentat en France. C'est notamment là qu'il a pris contact avec Fabien Clain, un converti d'origine réunionnaise. Ce trentenaire est considéré comme un des principaux animateurs de la filière djihadiste dite d’Artigat, en Ariège, au début des années 2000. En 2008, il a été condamné à 8 ans de prison par le tribunal de Toulouse pour son rôle dans l'acheminement de djihadistes français en Irak. Parti rejoindre les rangs de l’Etat islamique (EI) après sa libération, il n’a pu être entendu par les enquêteurs.

C'est dans le cadre de cette filière d'Artigat qu'il côtoie les frères Merah. Fabien Clain est alors qualifié de "tête pensante" du groupe. 

Au cours de leur enquête sur Sid Ahmed Glam, les policiers de l'antiterrorisme ont retrouvé une partie des conversations entre le terroriste et son commanditaire grâce au matériel informatique saisi dans la chambre d'étudiant du suspect. Parmi les messages échangés, l'un d'eux a mis les enquêteurs sur une piste: "Quand tu arrives là-bas (un garage de Pierrefitte-sur-Seine, NDLR), tu demandes à parler à Rabi. Dès que tu le vois tu lui dis: +Je viens de la part de Vega et Thomas pour récupérer la BMW 318+".

Vega s’appelle en réalité Macreme A., comme l’a confirmé le gérant du garage, et son acolyte Thomas M. Les deux hommes, originaires de Seine-Saint-Denis, sont partis en Syrie début 2015 et apparaissent dans la même procédure de filière djihadiste que Fabien Clain. Groupe dans lequel on retrouve le frère et le beau-frère de Mohamed Merah, Abdelkader Merah et Sabri Essid. Ce dernier est actuellement en Syrie ou en Irak aux côtés des djihadistes de l'EI.

Pour le volet français de l'enquête, les identités de quatre autres personnes ont été dévoilées, dont deux ont pris part à la livraison des armes que Sid Ahmed Glam avait en sa possession et dont l'une a servi à tuer Aurélie Châtelain, seule victime de l'attentat manqué de Villejuif. 

Parmi ces hommes, on retrouve un individu connu des services de renseignement: Rabah B, dit le Kabyle, lié au réseau Cherifi démantelé en 2011 suite à un projet d'attentat contre la DST (Direction de la sûreté du territoire).

Un autre homme, dont l'identité n'est pas révélée, est présenté comme un "proche" de Moussa Coulibaly, le jeune homme qui a agressé trois militaires à Nice en février.

"Autant de connexions qui retracent l’historique de la famille du djihadisme français", explique Le Monde. Ces révélations montrent une chose: malgré le nombre important de jeunes Français partis faire le djihad en Syrie, la nébuleuse djihadiste est en fait un microcosme où des aînés radicalisés des années 2000 forment les plus jeunes à l'action terroriste.

 

 

L'église Saint Cyr-Sainte Juliette de Villejuif, cible de l'attentat de Sid Ahmed Glam.

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