Drame de Nantes: un mort, la personnalité du chauffard Sébastien Sarron examinée

Drame de Nantes: un mort, la personnalité du chauffard Sébastien Sarron examinée

Publié le :

Mercredi 24 Décembre 2014 - 08:00

Mise à jour :

Mercredi 24 Décembre 2014 - 19:30
©Stefphane Mahe/Reuters
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L'une des victimes de Sébastien Sarron, le chauffard de Nantes qui a fauché une dizaine de personnes à Nantes lundi 22, est morte à l'hôpital. Une enquête pour assassinat a été ouverte. Les premiers éléments semblent montrer que Sébastien Sarron était psychologiquement instable.

Sébastien Sarron, 37 ans, le chauffard du marché de Noël de Nantes, est devenu un meurtrier. Mardi 23, l'une des personnes qu'il avait fauchées la veille est morte à l'hôpital. Il s'agit d'un homme de 25 ans qui a succombé à un traumatisme crânien, a annoncé la procureure de la République de Nantes. Plusieurs autres personnes sont toujours hospitalisées dans un état grave, mais leurs jours ne seraient plus en danger. Une enquête pour assassinat et tentative d'assassinat a été ouverte.

Une qualification qui suppose la préméditation. La police aurait en effet retrouvé au domicile du suspect, à Berneuil (Charente-Maritime), au sud-ouest d'Angoulême, des carnets dans lesquels Sébastien Sarron s'excuserait par avance auprès de ses futures victimes. La personnalité de l'agresseur est pour l'instant peu connue des enquêteurs. L'homme, qui s'est donné de nombreux coups de couteau après avoir renversé les passants nantais, était toujours hospitalisé ce mercredi matin et n'avait pas encore pu être entendu.

Les premiers éléments font état d'un homme solitaire mais loin d'être marginal. Selon le parquet de Saintes (Charente-Maritime), Sébastien Sarron était connu de la justice pour des faits de vol et de recel datant de 2006. Cependant, il n'avait aucun antécédent psychiatrique. Si aliénation mentale il y a, celle-ci serait donc relativement récente. Il aurait, selon son entourage, commencé ce derniers mois à tenir des propos incohérents et paranoïaques. Dans les carnets retrouvés par la justice, Sébastien Sarron exprimerait sa haine envers la société et sa crainte d'être assassiné par les services secrets, selon des sources proches de l'enquête.

De son côté sa soeur aînée Loëticia, interrogée par Le Parisien/Aujourd'hui en France à Saintes, explique que "son comportement n'était pas normal. Il fallait le faire soigner. Mais il ne voulait rien entendre". Elle n'avait pas vu son frère depuis plusieurs années, et leurs parents étaient également sans nouvelles depuis deux ans. "On a discuté tous ensemble d'un possible internement d'office, que je souhaitais, mais nous n'avons pas osé franchir le cap, craignant qu'il ne s'éloigne encore plus..."

L'homme, qui était célibataire et exerçait le métier de pépiniériste, est décrit comme travailleur et économe. Après avoir habité plusieurs années dans l'Hérault, il vivait dans une ferme qu'il avait achetée il y a huit ans à Berneuil, à une quinzaine de kilomètres au sud de Saintes."C'est une personne qui vivait seule, mais de là à dire que c'était un marginal (...). Il ne vivait pas dans un endroit isolé, il avait quand même des contacts avec les voisins", a déclaré Joël Reignier, le maire de ce village de 1.100 habitants.

Selon des habitants cités par le quotidien Sud-Ouest, Sébastien Sarron avait "des problèmes d'alcoolisme". Sa soeur Loëticia évoque pour sa part une consommation régulière de cannabis: la rupture avec la famille "a commencé vers ses 30 ans. Il s'est mis à fumer du cannabis, et je voyais qu'il n'allait pas bien". Elle évoque, pour expliquer son geste, un "pétage de plombs": "je ne vois que ça, une problématique psychiatrique, accentuée peut-être par la consommation d'herbe de cannabis".

Aucun élément ne permet en tout cas aujourd'hui d'affirmer que l'homme aurait agi pour un quelconque motif religieux. On peut simplement se demander si son acte a été inspiré, sans y être lié, par celui de Dijon, survenu la veille, dimanche 21.

 

Sébastien Sarron, au volant de sa camionnette, a volontairement fauché une dizaine de personnes à Nantes, lundi 22.

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