Douai: une mère de famille d'accueil en plein cauchemar, les deux petits garçons placés chez elle lui sont arrachés

Cri du cœur

Douai: une mère de famille d'accueil en plein cauchemar, les deux petits garçons placés chez elle lui sont arrachés

Publié le :

Jeudi 06 Juillet 2017 - 17:36

Mise à jour :

Jeudi 06 Juillet 2017 - 17:55
Une mère de famille d'accueil résidant à Douai, qui avait la garde de deux petits garçons depuis quatre ans, est abattue depuis qu'on lui a annoncé que les enfants allaient être changés de foyer. Ils la quitteront vendredi, à la veille du jour où ils devaient partir en vacances, avec elle et son concubin. Josiane a confié son émotion à "FranceSoir".
© FRANK PERRY / AFP/Archives
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Maeliss Innocenti

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Quatre ans. Presque quatre ans de bonheur. Et puis plus rien. Deux petits garçons, Rémy et Nathan*, âgés de quatre et bientôt six ans, vont partir vendredi 7 dans un foyer pour enfants, avant de découvrir une nouvelle famille d'accueil lundi 10, alors que cela faisait presque quatre ans qu'ils vivaient à Douai chez Josiane et son concubin Patrick**.

Lorsque l'Aide sociale à l'enfance leur a annoncé la nouvelle, le choc s'est emparé de la famille. Les proches et amis de Josiane n'y croient toujours pas. Mais samedi 8, Rémy et Nathan ne feront plus partie de leur quotidien. "On devait partir tous ensemble… Avec Patrick, on sera tout seuls" a confié à FranceSoir cette mère de famille d'accueil, dont la voix tremblotante trahissait l'émotion.

Les deux petits garçons ont été enlevés à leur mère biologique alors que le dernier n'était âgé que de cinq mois et demi. "C'est l'arrière grand-mère des enfants qui a fait le signalement aux services pour l'enfance. La mère ne s'occupait pas bien d'eux. Ils étaient sales… Nathan a même eu la gale. Et a passé plusieurs jours à l'hôpital et en foyer d'accueil".

(Lire aussi notre article > Conflit entre une famille d'accueil et la mère des enfants à Douai: ce que dit la loi)

Ils ont donc ensuite été placés chez Josiane, qui n'a pas d'enfant biologique, et ont tout de suite intégré la famille comme des membres à part entière. A chaque anniversaire, tout le monde se réunissait pour faire la fête et les enfants ouvraient leurs cadeaux. "Ils appellent ma mère +mamie+" a raconté Patrick (les parents de Josiane sont décédés, NDLR).

Du temps du placement, Rémy et Nathan continuaient de voir leur mère biologique, sur Amiens, tous les samedis. Mais des conflits (de nature financière notamment) ont commencé à apparaître entre Josiane et la mère biologique. Un jour, tout a dérapé. Josiane a envoyé des messages à la mère de famille. "Parfois, lorsqu'on est en colère, les mots dépassent la pensée" a-t-elle expliqué. Mais ces mots, justement, ont été communiqués à l'Aide sociale à l'enfance par la mère biologique, qui a fait des captures d'écran de certains sms.

Le changement de famille d'accueil a ensuite été rapidement décidé. Preuves à l'appui. Et la mère biologique a demandé à ce que ses fils viennent vivre plus près d'elle. "On ne peut plus rien faire. Ils (les services sociaux, NDLR) ne veulent rien savoir. On doit laisser les enfants partir. On ne peut pas les retenir de force et les traumatiser encore plus. C'est trop tard". Même si le médecin traitant, l'orthophoniste qui suit Nathan (qui avait un retard de développement à son arrivée chez Josiane), et les professeurs d'école pensent que c'est une mauvaise idée, le départ semble donc inévitable.

Nathan et Rémy vont partir vendredi dans l'après-midi. A moins qu'une décision du procureur, contacté par la famille d'accueil, vienne tout changer. Mais l'espoir est mince.

Désespérée, Josiane ne veut plus jamais accueillir d'autres enfants sous son toit. "On m'a proposé de m'occuper d'un petit garçon handicapé, j'ai dit non". Elle préfère partir à la retraite, et espère bien pouvoir revoir Nathan et Rémy dans le futur. La mère biologique lui a promis.

*Les prénoms des enfants ont été changés pour les besoins du témoignage

**Ceux des parents d'accueil aussi

Nathan et Rémy (noms fictifs) ont été confiés à leur famille d'accueil alors qu'ils avaient deux ans et cinq mois. (illustration)

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