Exclusif - Délit de solidarité: Stéphan Pélissier sera jugé en appel le 1er mars 2019

Grèce

Exclusif - Délit de solidarité: Stéphan Pélissier sera jugé en appel le 1er mars 2019

Publié le :

Mercredi 06 Juin 2018 - 11:48

Mise à jour :

Mercredi 06 Juin 2018 - 12:40
Stéphan Pélissier, condamné en novembre 2017 par la justice grecque à une lourde peine pour un "délit de solidarité", va être rejugé. Il est considéré comme un passeur par les autorités locales pour être allé chercher sa belle-famille syrienne, entrée illégalement en Grèce, afin de les rapatrier en France. Ce mercredi, il révèle en exclusivité à France-Soir la date de son procès en appel et les dernières évolutions de son affaire.
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Maxime Macé

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La justice grecque le considère comme un passeur. Pour avoir aidé, en 2015, sa belle-famille a fuir la Syrie en guerre, les exactions de l'Etat islamique et les bombardements aveugles de l'aviation du régime et de son allié russe, Stéphan Pélissier a été condamné en Grèce à sept ans de prison par le tribunal de Patras (nord du Péloponnèse) en novembre 2017.

Du fait de la législation particulière en Grèce, il lui avait été proposé de racheter sa peine en jour-amende pour la somme de 13.000 euros. Incapable de réunir un tel montant, ce juriste albigeois qui travaille à La Poste en avait appelé à la solidarité des internautes. En quelques jours, la somme avait été réunie.

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"Mais je prends un coup de massue en contactant mon avocate qui m'explique qu'une loi grecque promulgué en 2012 assujetti de 110% toutes les peines de prison converties en jour-amende", expliquait-il début décembre dernier à France-Soir. La somme due en jour-amende passe donc à environ 27.000 euros, montant qu'il ne peut réunir. En désespoir de cause Stéphan Pélissier fait donc appel.

Ce mercredi 6, il révèle en exclusivité à France-Soir que son procès en appel aura lieu le 1er mars 2019, toujours devant le tribunal de Patras. A l'occasion, il a également reçu l'intégralité de la décision prise par la justice en première instance. L'ayant fait traduire du grec, il apprend qu'il encourt une peine bien plus lourde que celle à laquelle il a été condamné en première instance, ce qu'il ignorait. "En effet, la loi grecque punie de trois ans de prison de le fait de véhiculer une personne en situation irrégulière sur le territoire national. Et cette condamnation est cumulable. En clair, comme j'ai récupéré cinq personnes de ma belle-famille, je suis donc passible de 15 ans de prison", explique-t-il.

Ces quinze années de réclusion criminelle, Stéphan Pélissier les encourt donc toujours en appel. "Je ne pense pas que quatre ans après les faits, et au regard de la première condamnation dont j'ai fait l'objet, la justice grecque ira jusque-là. Mais le risque existe", précise-t-il.

Qui dit procès dit également frais de justice. Pour y faire face, Stéphan Pélissier peut compter sur la premièe cagnotte Leetchi à laquelle ont souscrit ses soutiens. Actuellement en contact avec deux avocats grecs spécialisés dans les droits de l'Homme et sensibles à sa cause, cet employé de la Poste estime à 5.000 euros le coût de sa défense.

"Si je suis acquitté des crimes qu'on me reproche et qu'il reste de l'argent dans la cagnotte, ce dernier sera reversé à des associations humanitaires françaises et syriennes. Je communiquerais lesquelles sur les réseaux sociaux pour être parfaitement transparent avec les personnes qui ont participé à cet élan de générosité", précise Stéphan Pélissier.

Du côté du gouvernement français, dont il avait sollicité le soutien à plusieurs reprises, Stéphan Pélissier a eu une réponse le 26 décembre dernier par le biais de Nathalie Loiseau, la ministre chargée des Affaires européennes auprès de Jean-Yves Le Drian. Dans un courrier que France-Soir a pu consulter, elle assure avoir sensibilisé son homologue grec, Gorgios Katrougalos, à cette situation mais surtout, elle assure qu'un fois la date de l'appel connu, son ministère et le consulat français à Athènes seront "bien entendu mobilisés pour (l')aider à (se) défendre".

"La date de l'appel étant connue, j'interpelle donc la ministre pour savoir comment cette aide va être concrétisée", explique Stéphan Pélissier. Pour mémoire, si l'aide à l'immigration illégale reste, en France, un délit (bien que la loi a été assouplie en avril dernier), le droit français prévoit une exception quand il s'agit d'aider un ou des membres de sa famille. 

Voir - Aide aux migrants: l'Assemblée assouplit les règles du "délit de solidarité"

Conscient du besoin de médiatiser son affaire pour tenter de mobiliser l'opinion publique,Stéphan Pélissier annonce également la sortie future d'un livre de témoignage où il racontera son histoire. Cet ouvrage, édité par Michel Lafon, sera disponible au plus tard en février 2019.

Une pétition a été mise en ligne pour demander l'arrêt des poursuites pénales en Grèce contre Stéphan Pélissier. Elle est accessible en cliquant ici

Stéphan Pélissier (ici à gauche avec sa belle-famille) sera jugé en appel en Grèce le 1er mars 2019.

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