Florange: un ancien chauffeur d'ArcelorMittal assure avoir déversé de l'acide dans la nature pendant trois mois (vidéo)

Scandale environnemental

Florange: un ancien chauffeur d'ArcelorMittal assure avoir déversé de l'acide dans la nature pendant trois mois (vidéo)

Publié le :

Mardi 04 Juillet 2017 - 10:58

Mise à jour :

Mardi 04 Juillet 2017 - 11:17
Le site d'ArcelorMittal est depuis lundi au cœur d'une enquête de la Dreal (Direction régionale de l'environnement) après les déclarations d'un ancien employé intérimaire d'un sous-traitant, qui assure ne pas avoir suivi la procédure pour le recyclage des acides usagés sur ordre de l'entreprise.
© BORIS HORVAT / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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L'usine ArcelorMittal de Florange en Moselle est à nouveau sous le feu des projecteurs. Cette fois-ci, il n'est pas question de l'arrêt des hauts-fourneaux mais de la naissance d'un possible scandale environnemental. France Bleu Lorraine Nord a en effet publié lundi 3 le témoignage d'un chauffeur de camion intérimaire, qui a travaillé trois mois pour un sous-traitant de l'usine de décembre 2016 à février dernier, et qui était chargé de transporter des stocks d'acide usagé.

Sa mission était, en théorie, de transporter ces mètres cubes de substances dangereuses jusqu'à un centre de recyclage à Malancourt. Mais la manœuvre, très coûteuse pour l'entreprise, ne se déroulait apparemment pas comme prévu. "Je transportais l'acide usagé. Normalement, je devais le transporter dans un centre de recyclage à Malancourt mais ce n'était pas ça. On me disait de charger l'acide et d'aller au crassier" a-t-il expliqué à France Bleu Lorrain Nord.

Le crassier est un endroit où sont entassés les déchets d'une usine métallurgique. "J'arrivais à Florange, à la cockerie, au PC Sécurité, là je me retrouvais dans un crassier à brancher mes tuyaux et déverser mon chargement en pleine nature, directement au sol. Les rochers qui pètent à cause de l'acidité du produit. Le soir je rentrais avec des yeux rouges" a aussi confié cet employé, qui, après avoir évoqué ce problème avec un pompier d'ArcelorMittal, a été licencié pour "rupture de discrétion commerciale". "Depuis je n'arrive plus à retrouver de travail".

Sur les images qu'il a filmées lui-même au sein du crassier, on aperçoit effectivement un liquide non identifié, fumant, devenir jaune fluo au contact de l'eau dans laquelle il est déversé. Cet individu a aussi précisé que les bons de livraison délivrés par ArcelorMittal stipulaient "boue de fer ou boue d'épuration".

Suite à la publication de ces éléments troublants, la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) a décidé d'ouvrir une enquête pour inspecter la manière dont sont traités et recyclés les déchets d'ArcelorMittal. Une enquête interne à l'entreprise a également été ouverte. En attendant les conclusions, la direction a assuré lundi qu'il n'y avait "aucun risque environnemental ou sanitaire pour les populations".

Un ancien employé d'un sous-traitant d'ArcelorMittal assure avoir déversé des acides usagés dans la nature pendant des mois.

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