Fusillade au tribunal de Melun: le bâtonnier, grièvement blessé, témoigne

Fusillade au tribunal de Melun: le bâtonnier, grièvement blessé, témoigne

Publié le :

Jeudi 05 Novembre 2015 - 10:35

Mise à jour :

Jeudi 05 Novembre 2015 - 10:43
©Capture d'écran Street View
PARTAGER :

La rédaction de FranceSoir.fr

-A +A

La semaine dernière, le 29 octobre, le tribunal de Melun a été le théâtre d'un drame qui aurait pu coûter la vie au bâtonnier Henrique Vannier. Grièvement blessé par balles, il est revenu sur ce jour qui a failli être son dernier.

Il a frôlé la mort et raconte le cauchemar qu'il a vécu. Me Henrique Vannier, le bâtonnier de Melun, qui a failli perdre la vie la semaine dernière après avoir été attaqué par un avocat qui s'est ensuite suicidé, se considère comme "un miraculé". Alors qu'il se remet peu à peu de ses blessures, il a souhaité s'exprimé depuis son lit d'hôpital, donnant tout d'abord de ses nouvelles. "Je vais bien, j'ai huit orifices, mais aucun balle n'est restée dans le corps. Depuis hier, je suis debout, je suis en forme, j'ai le moral", a-t-il expliqué au micro de RTL.

Puis le bâtonnier, âgé de 43 ans, a raconté en détails ce qui s'est passé le jour du drame, le 29 octobre au matin. Tout commence lorsque sa secrétaire l'informe que l'avocat Joseph Scipilliti, l'auteur de l'attaque avec lequel il était en conflit depuis quelques temps, souhaite le rencontrer. "S'il vient dans une demi-heure, dans une demi-heure je suis mort", a confié le bâtonnier, déjà visé par des lettres de menaces de cet avocat, en proie à des poursuites disciplinaires pour manquements déontologiques. Malgré tout, il décide de le recevoir, pour son plus grand malheur.

"Lorsque j'ai voulu m'asseoir, il pointait une arme sur moi et il m'a dit: +Ne bouge plus+. Et lorsqu'il m'a dit +ne bouge plus+, j'ai fait le contraire et j'ai bougé, je me suis battu comme un lion. J'ai pris tout ce que j'avais sous la main pour essayer de le désarmer", a expliqué Henrique Vannier, père de deux garçons. De là, tout s'accélère. L'avocat lui tire dessus à quatre reprises. Grièvement blessé mais encore conscient, la victime trouve malgré tout la force de lui adresser quelques mots: "je lui ai demandé de m'épargner le visage, pour que mes enfants de 7 et 10 ans puissent me revoir une dernière fois. Et c'est à partir de ce moment-là que je vois son visage changer, j'ai dû le toucher, l'humain est revenu", a-t-il encore confié.

De longues minutes vont alors s'écouler durant lesquelles l'avocat prendra des cachets afin de se donner le courage de retourner l'arme contre lui pour se suicider. Agé de 63 ans, il se donnera finalement la mort, laissant la vie sauve au bâtonnier.

Dans un article intitulé "Ils ont tué Joseph Scipilliti", les blogs d'extrême droite islamophobe "Résistance républicaine" et "Riposte laïque", dont Joseph Scipilliti fut l'avocat, ont mis en ligne un texte présenté comme un "testament" de l'avocat daté de mardi 27, texte dans lequel il décrirait "le processus inexorable" qui l’a conduit à son acte. 

 

"Je lui ai demandé de m'épargner le visage", a expliqué le bâtonnier de Melun.

Commentaires

-