Génocide rwandais: qui est Pascal Simbikangwa jugé en France pour sa participation au massacre des Tutsis?

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Maxime Macé
Publié le 27 octobre 2016 - 13:58
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©Bertrand Guay/AFP
Mardi 25 s’est ouvert le procès en appel de Pascal Simbikangwa pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité.
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Le procès en appel de Pascal Simbikangwa s'est ouvert mardi aux assises de Bobigny, près de Paris. Cet ancien officier du Service central de renseignement rwandais doit de nouveau répondre de crimes de génocide et crimes contre l’humanité.

Il est soupçonné d'avoir été une cheville ouvrière dans le massacre des Tutsis orchestré par la pouvoir extrémiste hutu lors du génocide rwandais de 1994.  Mardi 25 s’est ouvert le procès en appel de Pascal Simbikangwa pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité. L'audience doit durer jusqu'au 9 décembre 2016 à la Cour d’assises de Bobigny.

Il avait déjà été condamné le 14 mars 2014 pour complicité de génocide et de crime contre l'humanité, devenant la quatrième personne sanctionné pour ces faits en France après Klaus Barbie, Maurice Papon et Paul Touvier.

L'accusé est né en 1959 à Rambura, dans le nord du Rwanda, d’une famille de cultivateurs relativement aisés. Son père est Hutu, sa mère Tutsie, mais du fait de la règle de patrilinéarité mise en place par l'administration coloniale blege à partir de 1932, il est lui-même un Hutu

Cet ex-officier de la garde présidentielle reconverti dans la police politique après l'accident qui l'a laissé paraplégique en 1986, a été un membre influent du Service Central de Renseignement rwandais. Il y gagne entre 1988 et 1992 le surnom de "tortionnaire", du fait de sa violence auprès des opposants politiques et des journalistes. Il présentait une prédilection "pour les sévices appliqués sur les membres inférieurs, et certains témoins relatent son ardeur à frapper leurs plantes de pieds, jusqu’à les empêcher de marcher".

Lors du génocide de 1994, il lui est reproché d'avoir, dans la capitale Kigali, organisé les barrages routiers au passage desquels étaient filtrés et exécutés les Tutsis, d'avoir donné des instructions et livré des armes aux membres des milices Interahamwe, bras armé du pouvoir génocidaire hutu.

Le 6 avril 1994, l'avion du président hutu Juvénal Habyarimana est abattu alors qui devait atterrir à Kigali, la capitale du Rwanda, et le chef de l'Etat tué. Le pouvoir échoit alors au colonel Bagosora, extrémiste hutu, qui fait assassiner la Première ministre Agathe Uwilingiyimana, hutue modérée. Dès le lendemain du crash de l'avion présidentiel, les massacres systématiques de Tutsis commencent, perpétrés aussi bien par les milices extrémistes Interahamwe que par les membres de l'armée rwandaise, garde présidentielle en tête.

En une centaine de jours, entre avril et juillet 1994 -lorsque les forces majoritairement tutsies du Front patriotique rwandais (FPR) de l'actuel président du pays Paul Kagame s'emparent de Kigali-, quelques 800.000 personnes, essentiellement issues de la minorité tutsie, ont été tuées selon l'ONU. Pascal Simbikangwa fuit le pays après la défaite du pouvoir hutu. Recherché par Interpol pour sa participation au génocide, il est arrêté à Mayotte en 2008 où il se cachait sous une fausse identité. 

 

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