Gilets jaunes: la police redoute des morts lors de la prochaine manifestation à Paris

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La rédaction de France-Soir
Publié le 04 décembre 2018 - 12:42
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Des CRS dans le quartier du Breil à Nantes, le 4 juillet 2018
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© SEBASTIEN SALOM GOMIS / AFP
Des responsables syndicales craignent que les violences de gilets jaunes n'entraînent des morts chez les manifestants et les forces de l'ordre.
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Des responsables syndicaux craignent que les violences de gilets jaunes n'entraînent des morts chez les manifestants et les forces de l'ordre. L'acte IV de la mobilisation prévu samedi prochain est particulièrement surveillé.

Le ton est à la mesure de la gravité des évènements. Yves Lefebvre, le secrétaire général du syndicat SGP Police FO, dit craindre "des morts samedi prochain tant chez les manifestants que chez les policiers", lors d'un probable acte 4 du mouvement des gilets jaunes.

"Les hommes et les femmes des compagnies d'intervention seront, in fine, à 20 jours de travail consécutifs sans repos (samedi 8, NDLR) avec la peur au ventre", a-t-il précisé. Et d'ajouter que même des "commandants de compagnies de CRS particulièrement aguerris qui disent: «on a eu peur que nos hommes ne rentrent pas au cantonnement ce soir»".

"A un moment donné mes collègues vont vouloir sauver leur peau", en état de "légitime défense qui n'est pas prévu par le maintien de l'ordre", a prévenu le syndicaliste. "Il faut qu'Emmanuel Macron comprenne ce message et qu'il apporte impérativement des réponses et des moyens quantifiés pour neutraliser les casseurs et les pilleurs de samedi prochain", a-t-il conclu.

Lire aussi - Gilets jaunes: le témoignage du jeune passé à tabac par les policiers (vidéo)

Les violences samedi 1er décembre à Paris ont fait 133 blessés, dont 23 parmi les forces de l’ordre. Au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, 18 gendarmes et policiers ont été blessés après l’incendie de la préfecture. 

Les syndicats policiers demandent désormais que les élèves-officiers soient intégrés en priorité aux compagnies républicaines de sécurité (CRS) dont ils dénoncent la baisse constantes des effectifs. De son côté, Alliance a réclamé ainsi le "renfort de l’armée pour garder les lieux institutionnels et dégager ainsi les forces mobiles d’intervention", tandis que d'autres demandent le rétablissement de l'état d'urgence.

Le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé lundi matin qu’un retour à ce régime d’exception n’était "pas à l’ordre du jour", alors que la Garde des Sceaux a semblé peu favorable à ce scénario.

Voir:

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