Guy Sibra, leader du groupuscule AFO, assure ne "pas être islamophobe"

Guy Sibra, leader du groupuscule AFO, assure ne "pas être islamophobe"

Publié le :

Mercredi 01 Août 2018 - 12:49

Mise à jour :

Mercredi 01 Août 2018 - 12:53
© XAVIER LEOTY / AFP
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La rédaction de France-Soir

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Dans un entretien accordé au "Parisien" mardi, le fondateur du groupuscule AFO Guy Sibra a balayé les accusations à son égard et assure qu'il n'était pas à la tête d'un groupe "islamophobe". Il s'est également défendu de toute frome de projet d'attentats.

Il estime avoir été subi injustement 96 heures de garde à vue à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et avoir été détenu deux jours à la prison de Fleury-Mérogis avant d'être remis en liberté. Guy Sibra, leader du groupuscule d'extrême droite AFO (Action des forcez opérationnelles) soupçonné d'avoir voulu perpétrer des attentats contre des musulmans en France a livré sa version des faits.

Interviewé par Le Parisien mardi 31, ce policier à la retraite s'est défendu de toute forme de haine à l'égard de la communauté musulmane et a assuré que la composition de son groupe était particulièrement éclectique. Il y a "des mélenchonistes, des centristes, des juifs, des chrétiens, des musulmans et même un imam! Nous ne sommes pas islamophobes. La plupart d’entre eux sont des retraités de la police, de la gendarmerie ou de l’armée", a-t-il fait savoir.

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L'homme, qui habite en Charente-Maritime a reconnu être le fondateur d'AFO mais s'est défendu de tout projet d'action violente. Selon lui, l'objectif du groupe est "de rassembler des gens de tous bords et toutes confessions pour des formations pratiques: nous formons nos membres à se défendre via des stages de survivalisme ou de premiers secours, comme apprendre à faire un feu de camp ou poser un garrot".

Il a expliqué agir ainsi "en vue d’événements que nous ne maîtrisons pas", qui seraient selon lui liés "au terrorisme", à "la guerilla urbaine" ou encore aux "attaques de domicile", dans "une démarche humanitaire".

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Le sexagénaire a d'ailleurs expliqué ne connaître que deux des 12 mis en examen dans cette affaire, son épouse et son "bras droit" Dominique Compain. Il a nié fermement connaître celui qui détenait des produits rentrant dans la composition de l'explosif TATP à son domicile.

Concernant les soupçons d'attants contre des musulmans qui pèsent sur son groupe, il répond:  "Stratégiquement, c’est débile car ce serait utiliser les méthodes des terroristes islamistes. (…) Quant aux projets évoqués, cela me semble irréalisable". Et d'ajouter: "Dans les cibles, la juge m’a parlé de 100 à 150 imams radicaux. Mais avec quels moyens? Tout comme cela me paraît stupide qu’on nous prête des intentions de s’attaquer à des femmes voilées au hasard dans la rue".

Dix membres présumés du groupe avaient été mis en examen le 27 juin dernier, notamment pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Quatre d'entre eux, dont Guy Sibra, avaient été remis en liberté sous contrôle judiciaire contre l'avis du parquet.

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Fondateur du groupuscule AFO, Guy Sibra a balayé les accusations à son égard.

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