Hausse des agressions contre les pompiers: "Malheureusement on s'adapte" (syndicat)

Crainte d'une banalisation

Hausse des agressions contre les pompiers: "Malheureusement on s'adapte" (syndicat)

Publié le :

Mercredi 15 Novembre 2017 - 12:09

Mise à jour :

Mercredi 15 Novembre 2017 - 12:24
Le nombre d'agressions contre les pompiers a augmenté de 17,6% en 2016. Un chiffre qui témoigne d'une "situation qui persiste" pour Jean-Michel Piedallu secrétaire général du syndicat SNSPP-PATS. Il explique à "France-Soir" que le risque est aussi que les agressions deviennent la norme chez un pompier.
©JeanbaptisteM/Flickr
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Victor Lefebvre

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Ce sont 2.280 sapeurs-pompiers qui ont déclaré avoir été agressés en 2016 selon une note de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiée ce mercredi 15. Une hausse de 17,6% en un an qui "ne surprend pas du tout" Jean-Michel Piedallu, Secrétaire général du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels et personnels administratifs techniques et spécialisés (SNSPP-PATS).

Pour lui, ces chiffres sont à interpréter notamment parce qu'"aujourd'hui, le sujet n'est plus tabou, des dépôts de plaintes sont réalisés, mais pas toujours". Il est donc envisageable que cette libération relative de la parole, marquée en novembre par plusieurs mouvements de grève des sapeurs-pompiers, soit en partie à l'origine de cette hausse. Un autre phénomène est également inquiétant pour le syndicaliste: "les agresseurs ont de moins en moins de mal à s'attaquer à l'individu. Avant on était plus sur de la provocation verbale, des crachats". Le nombre de jours d'arrêt de travail consécutifs aux agressions a d'ailleurs explosé en 2016 avec une hausse de 36,1%.

Et au-delà de ces chiffres annuels, c'est une "situation qui persiste" d'année en année que dénonce Jean-Michel Piedallu. "J'ai toujours eu peur que cela se banalise. Et on ne peut plus nier que les agressions font partie du travail. Malheureusement, on s'adapte". Cette situation, précise-t-il, dépasse largement le cadre des banlieues.

Face à cette problématique, la solution est simple pour lui. "Du personnel. On supprime des postes dans tous les centres de secours. Hier nous étions six dans un camion, aujourd'hui nous sommes quatre. Si nous pouvions systématiquement être accompagnés par les gendarmes ou les policiers se serait parfait, mais ils n'ont pas les ressources".

Les agresseurs des pompiers "ont de moins en moins de mal à s'attaquer à l'individu", note le Secrétaire générale du SNSPP-PATS.

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