Haut-Rhin: il euthanasie sa femme malade d'Alzheimer, deux ans de prison avec sursis

Haut-Rhin: il euthanasie sa femme malade d'Alzheimer, deux ans de prison avec sursis

Publié le :

Dimanche 23 Octobre 2016 - 14:27

Mise à jour :

Dimanche 23 Octobre 2016 - 14:27
L'homme était poursuivi pour homicide, mais c'est un drame de la maladie et de la vieillesse sur lequel ont dû se pencher le jury de la Cour d'assises de Colmar. L'accusé avait mis fin aux souffrances de son épouse grabataire à un stade très avancé, en lui administrant une dose létale de somnifères.
©Shaun Best/Reuters
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Pour la justice, qui a finalement opté pour une peine clémente, l’histoire ressemble plus à un drame de la fin de vie qu’à une affaire criminelle. José de Albuquerque, un retraité d’origine portugaise âgé de 73 ans a été condamné jeudi 20 à deux ans de prison avec sursis par la la Cour d’assises du Haut-Rhin, à Colmar. La cause? L’homme avait tué sa femme. Mais cela faisait cinq ans que cette dernière ne pouvait plus prononcer une parole, et deux ans qu’elle ne sortait plus de son lit. Le mal qui l’affligeait avait un nom: la maladie d’Alzheimer.

José de Albuquerque assumait déjà depuis plus de dix ans le rôle d’aidant, alors que lui-même prenait de l’âge. Une nuit d’hiver, entre le 15 et 16 janvier 2014, il décide alors d’en finir en faisant avaler à son épouse une dose mortelle de somnifères.

Les débats lors du procès laissaient peu de doute d’ailleurs à une telle issue judiciare. Le procureur de la République, loin d’accabler l’accusé –qui comparaissait d’ailleurs libre– s’ent fendu d’une réflexion grave –"une société se juge au sort qu'elle réserve aux vieillards"– en demandant une peine de quatre ans de prison. Quand à la défense, elle a rappelé le dévouement du mari à s’occuper de sa épouse déclinante, jusqu’au geste fatal, en demandant au jury de ne pas condamner son client à autre chose que la peine minimale en cas d’homicide qui répond à toutes les cirocnstances atténuantes: deux ans de prison avec sursis. La préméditation n’a pas été retenue et la justice a même considéré une "altération du discernement" le soir des faits.

Dernier signe enfin de la relative compréhension général du geste de désespoir de l’homme, il a fondu en larmes et est allé embrasser l’une de ses filles à l’énoncé du verdict. Sur les cinq enfants du couple, aucun n’a souhaité se constituer partie civile.

 

L'homme assistait sa femme dans sa vie quotidienne, face à la maladie, depuis plus de dix ans.


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