Jawad: après la parodie du "logeur", le procès du complice de terrorisme présumé (photos)

"J'ai rendu service"

Jawad: après la parodie du "logeur", le procès du complice de terrorisme présumé (photos)

Publié le :

Mercredi 24 Janvier 2018 - 09:03

Mise à jour :

Mercredi 24 Janvier 2018 - 09:12
Le procès de Jawad Bendaoud, le "logeur" des terroristes survivants du 13 novembre s'ouvre ce mercredi.
©Capture d'écran BFMTV
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La France est encore sous le choc des attentats du 13 novembre 2015 et de leur réplique, l'assaut contre l'appartement de Saint-Denis où étaient retranchés les terroristes survivants, le 18 du même mois. Et pourtant. Pourtant toute la Toile, le pays même, se gausse d'un homme, Jawad Bendaoud, le "logeur" présumé des djihadistes qui ont fait un carnage quelques jours plus tôt. Comme si les Français avaient besoin d'évacuer toute cette horreur, ils le prennent comme tête de Turc et les parodies à son sujet fleurissent.

Ce mercredi 24 s'ouvre le procès de ce bouffon au profil inquiétant et qui semble être bien plus qu'un tartuffe candide trompé par des terroristes camouflés.

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"On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service monsieur", ose le jeune homme en direct face aux caméras le soir de l'assaut (voir la vidéo ici). "J'ai appris que c'était chez mois. Je savais pas que c'était des terroristes". La scène, surréaliste, ne trompe pas les policiers que l'on voit emmener Jawad alors que les caméras tournent encore.

L'air simple et les propos qui le sont tout autant du jeune homme ont immédiatement inspiré les internautes qui en premier se sont emparés du phénomène, et on fait assaut d'imagination pour rire de celui que tout le monde appelle déjà le "logeur des terroristes".

Petit caïd déjà condamné à de nombreuses reprises pour violences et trafic, Jawad est pourtant de ceux dont on ne se moque pas. Cette réputation d'homme "à la fois bête, violent et dangereux", dixit la maire de Saint-Denis où il a grandi, le trentenaire l'a acquise dès ses 22 ans. Un jour de 2008, il tue à coups de couteau de boucher son meilleur ami pour un obscur motif et écope de huit ans de prison.

Devenu le patron de la rue du Corbillon de Saint-Denis où il a grandi, une petite cour des miracles, Jawad y tient les trafics, tout à la fois dealer et marchand de sommeil. Un homme sans foi ni loi.

"C'est des terroristes? Bah je m'en bats les couilles moi je les loge", aurait-il répondu à Hasna Ait Boulahcen, la cousine du "cerveau" présumé des attentats Abdelhamid Abaaoud, auquel elle cherche une planque. La jeune femme a trouvé la mort lors de l'assaut du RAID contre l'appartement, avec son cousin et un de ses complices du commando des terrasses Chakib Akrouh.

Mais Jawad n'est dans un premier temps poursuivi "que" pour le motif de recel de malfaiteurs. Des faits requalifiés qui lui valent désormais de comparaître, aux côtés de deux autres accusés Mohamed Soumah et Youssef Aït Boulahcen, pour "recel de terroristes". Car depuis l'enquête a mis en évidence son ADN sur un morceau d'adhésif de la ceinture d'explosifs de Chakib Akrouh déclenchée lors de l'assaut de Saint-Denis et qui était semble-t-il destinée à commettre un autre attentat à La Défense quelques jours plus tard.

A ce sujet: L'ADN de Jawad Bendaoud retrouvé sur un gilet explosif

Le parquet antiterroriste a estimé toutefois que, s'il "ne pouvait pas ignorer que les deux fugitifs étaient liés aux attentats du 13 novembre", l'enquête n'avait toutefois "pas permis d'établir qu'il avait connaissance de leur projet de passer à nouveau à l'acte".

A partir de ce mercredi et pendant trois semaines, le tribunal aura donc à déterminer le niveau d'implication de Jawad Bendaoud et de ses coaccusés. Le "logeur" risque six ans de prison à l'issue d'audiences qui s'annoncent sous haute tension: l'homme a "pété les plombs", bousculant, insultant et menaçant de mort les policiers qui l'escortaient lors d'une précédente audience distincte (une affaire de trafic de drogue), en janvier dernier.

Jawad Bendaoud, le "logeur" des terroristes du 13 novembre.

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