Lafarge: un ancien candidat FN impliqué dans les négociations entre le cimentier et l'Etat islamique

Lafarge: un ancien candidat FN impliqué dans les négociations entre le cimentier et l'Etat islamique

Publié le :

Mercredi 03 Mai 2017 - 17:33

Mise à jour :

Mercredi 03 Mai 2017 - 17:42
© FRANCK FIFE / AFP/Archives
PARTAGER :

La rédaction de FranceSoir.fr

-A +A

Jean-Claude Veillard, le directeur de la sûreté du cimentier franco-suisse Lafarge-Holcim, mis en cause pour avoir indirectement financé des groupes armés en Syrie, est un soutien affiché de Marine Le Pen. Il a été candidat Front national aux dernières municipales à Paris en 2014.

Ancien militaire des commandos de marine, candidat Front national aux dernières municipales à Paris en 2014 et directeur sûreté chez le groupe Lafarge-Holcim. Voilà une partie du CV bien rempli de Jean-Claude Veillard. Ce dernier apparaît comme un des principaux responsables des négociations menées par le cimentier avec l'organisation Etat islamique en Syrie pour permettre à l'entreprise de maintenir ses activités dans la région selon le journal Mediapart.

Le média d'investigation en ligne publie des documents qui démontrent l'implication de Jean-Claude Veillard en Syrie et sa parfaite connaissance des tractations qui ont eu cours, en 2013 et 2014, entre la multinationale et Daech.

Joint par Mediapart, l'intéressé a expliqué que son engagement pour le FN était "une affaire personnelle et privé". Et d'ajouter: "Si j’avais été l’adjoint de Mélenchon ou d’un socialiste, cela ne vous aurait pas intéressé, j’en suis sûr". Toutefois, il y a fort à parier que cette affaire fasse mauvaise presse pour Marine Le Pen qui a fait de la lutte contre le terrorisme islamiste un des principaux points de sa campagne, allant même jusqu'à promettre de le "mettre à genou" si elle était élu.  

La cimenterie en cause est située à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d'Alep. Elle avait été achetée en 2007 par le français Lafarge, qui a depuis fusionné avec le Suisse Holcim, et mise en route en 2010. L'usine représentait l'un des investissements étrangers les plus importants jamais consentis en Syrie en dehors du secteur pétrolier: les trois ans de travaux ont coûté environ 680 millions de dollars. Durant la période pour laquelle le groupe est mis en cause, "les activités de Lafarge en Syrie ont fonctionné à perte" et "représentaient moins de 1% du chiffre d'affaires", avait assuré l'entreprise.

Deux plaintes ont été déposées, l'une par le ministère des Finances auprès du parquet de Paris en septembre 2016, l'autre par l'ONG Sherpa auprès du doyen des juges d’instruction de Paris notamment pour "financement du terrorisme", "complicité de crimes contre l’humanité", "complicité de crimes de guerre", "mise en danger d’autrui".

Directeur sûreté chez Lafarge, Jean-Claude Veillard est accusé d'avoir chapeauté les négociations avec Daech en Syrie jusqu'en septembre 2014.

Commentaires

-