Le sida n'existe pas pour sa mère: un bébé meurt en Russie faute de traitement

Complotisme

Le sida n'existe pas pour sa mère: un bébé meurt en Russie faute de traitement

Publié le :

Mardi 03 Avril 2018 - 15:19

Mise à jour :

Mardi 03 Avril 2018 - 15:27
Un bébé séropositif de quatre mois est mort en Russie, ont fait savoir lundi les autorités. Sa mère, contaminée depuis des années, refusait tout traitement pour elle et son enfant, persuadée que le sida est un "mythe".
© JOEL SAGET / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Dans une Russie où la prévention contre le sida fait polémique et où les idées complotistes se propagent, l'affaire tragique prend une connotation particulière. Un bébé séropositif de quatre mois y est décédé faute de traitement, ont fait savoir lundi 2 les autorités sanitaires russes.

L'enfant avait contracté le virus par sa mère, diagnostiquée cinq ans auparavant. Mais celle-ci avait refusé tout traitement pour elle et son enfant, arguant que le sida est un "mythe". Le bébé a succombé à une pneumonie.

Une enquête a été ouverte pour "homicide par imprudence". La mère risque jusqu'à deux ans de prison.

Lire aussi: Sida - de plus en plus d'idées fausses chez les jeunes, s'alarme Sidaction

Un tragique faits divers qui met en lumière l'impact que peuvent avoir les théories complotistes sur le sida. Il n'est en effet guère difficile de trouver de nombreux sites clamant qu'il n'existe pas, qu'il n'est pas lié au VIH ou qu'il n'est pas contagieux, et que tout le battage autour de la prétendue épidémie relève d'un complot visant à enrichir l'industrie pharmaceutique.

Des groupes dont les divagations ne seraient pas sans conséquence en Russie où plusieurs cas de décès par refus de soins ont été recensés ces derniers mois. En août dernier, une fillette de 10 ans avait ainsi succombé.

Par ailleurs, la Russie connaît depuis quelques années une recrudescence de l'épidémie. En 2016, l'Onusida (la branche des Nations unies qui lutte contre la maladie) notait que l’épidémie était en constante régression depuis son pic atteint en 1997. Mais en Europe de l’Est et en Asie centrale, elle  explose avec +57% de malades depuis cinq ans dont 80% des nouveaux cas signalés en Russie.

L'ONU critique notamment les choix de la Russie de se concentrer sur le traitement de la maladie. Dans un pays où les valeurs conservatrices restent puissantes, la prévention -notamment à l'attention des drogués ou de la communauté homosexuelle- est peu présente.

Selon l'OMS, fin 2016, on comptait dans le monde environ 36,7 millions de personnes vivant avec le VIH, dont 1,8 million de nouvelles infections. La maladie a fait 35 millions de morts à ce jour.

La mère, persuadée que le sida n'existe pas, a refusé les traitements à son bébé.

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