Le violeur récidive un mois après sa sortie, un avocat en appelle au gouvernement

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La rédaction de France-Soir
Publié le 12 mars 2019 - 17:34
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Le suspect déjà condamné pour viol a été arrêté un mois après sa sortie de prison (illustration).
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Au Mans, en décembre dernier, un homme a été arrêté pour avoir violé une femme dans le hall de son immeuble. Il venait de sortir de prison depuis à peine un mois. L'avocat d'une ancienne victime a décidé d'alerter le gouvernement.

Avocat d'une première victime il a décidé d'écrire au gouvernement après la récidive de l'homme qui a violé son ex-cliente… un mois après sa sortie de prison. Jean-Philippe Peltier a annoncé qu'il allait demander que la ministre de la Justice Nicole Belloubet et la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa étudient la possibilité d'introduire en droit français la préméditation dans les affaires de viol.

L'avocat souhaite aussi exprimer sa colère face à une affaire particulièrement sordide: le 27 décembre 2018 au Mans dans la Sarthe, un femme a été violée dans le hall de son immeuble après avoir été "repérée" par son agresseur dans le tramway. Or cet agresseur présumé, mis en examen et placé en détention depuis, Jean-Philippe Peltier le connaît: en 2013, il avait été condamné à neuf ans de prison pour avoir violé une jeune femme, déjà au Mans. La jeune femme en question était la cliente de l'avocat. Son agresseur était donc sorti de prison le 29 novembre, moins d'un mois avant de violer de nouveau.

A l'époque, l'avocat avait déjà prévenu la cour du profil de "prédateur" particulièrement dangereux de l'individu, préparant son crime. Un élément qui devrait, selon lui, être retenu comme une circonstance aggravante justifiant une sanction plus élevée.

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"S’il est incontestable que le fait de commettre un viol du fait d’une pulsion non maîtrisée est un crime, il est beaucoup plus grave, beaucoup plus inquiétant et beaucoup plus problématique en termes de fait social, de mettre sa réflexion, son intelligence, au service d’une pulsion sexuelle non maîtrisée", écrit l'avocat comme le rapporte la presse locale. Et d'ajouter: "Le violeur ayant agit avec préméditation aura donc une tendance à récidiver non seulement parce qu'il aura assumé son acte, mais également parce qu'il ne sera peut être pas appréhendé immédiatement".

Le viol, passible de 15 ans de prison, ne connaît pour l'instant pas de circonstances aggravantes de préméditation. Les circonstances aggravantes prévues par la loi, comme le viol en réunion, ou le viol par ascendant, font monter la peine à 20 ans.

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