Loi Travail: incidents dans plusieurs lycées d'Ile-de-France, 18 interpellations

Loi Travail: incidents dans plusieurs lycées d'Ile-de-France, 18 interpellations

Publié le :

Jeudi 07 Avril 2016 - 16:21

Mise à jour :

Jeudi 07 Avril 2016 - 16:37
Des violences liées aux mobilisations contre la loi Travail ont éclaté ce jeudi dans plusieurs lycées d'Ile-de-France, conduisant la police à procéder à 18 interpellations et 12 gardes à vue.
©Mic/Flickr
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Des feux de poubelles et jets de pierres ont été recensés ce jeudi 7 au matin dans plusieurs lycées d'Ile-de-France, sans faire de blessés, conduisant la police à procéder à 18 interpellations et 12 gardes à vue, a-t-on appris de sources concordantes. A Courbevoie, dans la banlieue ouest de Paris, plusieurs dizaines de jeunes ont commencé à brûler des poubelles peu avant 8h00, aux alentours du lycée professionnel Paul-Painlevé, a raconté à l'AFP un enseignant de cet établissement de 520 élèves, sous couvert d'anonymat.

"Ils se sont servis dans des poubelles de verre pour jeter des bouteilles sur les vitres de la façade de l'établissement. Ils ont aussi pris une dizaine de kilos de galets qui se trouvent dans la cour de la clinique d'en face", a-t-il relaté. 23 fenêtres ont été détériorées. Les cours ont été suspendus. Les "blocus" de lycées, organisés par les élèves, se sont multipliés ces derniers jours, liés aux mobilisations contre la loi Travail, parfois accompagnés de violences. "Ici, à Painlevé, nous avions eu écho de rumeurs de volonté de faire un blocus ce matin. Nous nous étions rencontrés hier avec la direction et l'équipe éducative pour faire le point et tenter de parer aux débordements", a poursuivi l'enseignant.

Si la majorité des auteurs ont été identifiés comme des élèves de l'établissement par les professeurs, "plusieurs perturbateurs étaient extérieurs", ou d'anciens élèves récemment exclus du lycée, a souligné cette même source. Selon l'académie de Versailles, des tentatives de blocage ont également été signalées dans les Hauts-de-Seine aux lycées Galilée (Gennevilliers), Maupassant (Colombes), Newton et Auffray (Clichy). Dans le Val-d’Oise, le lycée Rostand (Saint-Ouen-l’Aumône) a essuyé des jets d’objets divers. Le blocus de l’établissement a été levé dans la matinée. "Ce midi, la situation est apaisée mais la vigilance reste de rigueur", a informé l'académie, dont le recteur, Daniel Filâtre, a condamné "des violences inadmissibles."

En Seine-Saint-Denis, à Saint-Ouen, un lycéen s'est fait interpeller alors qu'il se rendait à l'établissement Marcel-Cachin avec un bidon d'essence de 2 litres. Des interpellations ont également eu lieu à Tremblay-en-France, où un jeune encagoulé a tenté d'allumer un incendie, et à Claye-Souilly en Seine-et-Marne. Les autorités policières ont indiqué à l'AFP avoir procédé en tout à 12 gardes à vue, notamment pour participation à un attroupement armé, violences volontaires ou dégradation volontaire de biens privés. "Il y a des majeurs et des mineurs, la majorité des auteurs présumés sont des élèves des établissements dans lesquels les incidents ont eu lieu", a précisé à l'AFP une source policière.

Mardi 6, des violences avaient éclaté au lycée De-Vinci de Levallois-Perret, dont la façade avait été endommagée par des feux de poubelles. Un tract avait été distribué, appelant à rejoindre un "Comité de mobilisation": "Lycéens, étudiants et salariés, nous représentons une force réelle, mais il faut faire monter d'un cran la mobilisation", enjoignait le document. Mercredi, un jeune majeur a été condamné à Paris à 70 heures de travaux d'intérêt général après des incidents en marge de la manifestation de la veille contre le projet de loi Travail qui a rassemblé plus de 23.000 personnes (selon la police) dans toute la France. Des tensions entre manifestants et policiers sont récurrentes depuis le début du mouvement contre le projet de loi Travail, dans lequel les lycéens sont en première ligne.

 

En Seine-Saint-Denis, à Saint-Ouen, un lycéen s'est fait interpeller alors qu'il se rendait à l'établissement Marcel-Cachin avec un bidon d'essence de 2 litres.


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