Marne: une éducatrice mise à pied pour avoir critiqué les conditions d'accueil des migrants

Marne: une éducatrice mise à pied pour avoir critiqué les conditions d'accueil des migrants

Publié le :

Mardi 31 Janvier 2017 - 19:57

Mise à jour :

Mardi 31 Janvier 2017 - 19:59
©Philippe Huguen/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Une éducatrice salariée d'une association d'aide à l'enfance s'est vue signifier lundi sa mise à pied dans l'attente d'un éventuel licenciement. Après le suicide d'un jeune Malien dans un centre d'accueil pour migrants mineurs, elle en avait dénoncé les conditions d'hébergement. Des propos "irraisonnables et fallacieux" selon son employeur.

Elle avait pris la parole après la mort d'un jeune migrant du centre, elle risque désormais le licenciement pour des déclarations que sa direction juge "fallacieuses". Une éducatrice spécialisée de la Marne a été mise à pied lundi 30 après avoir critiqué les conditions d'accueil des migrants dans un centre de Châlons-en-Champagne en partie géré par son employeur, l'association d'aide à l'enfance "la Sauvegarde de la Marne".

Le 9 janvier dernier, un Malien de 16 ans y avait trouvé la mort en se jetant du huitième étage. Déléguée syndicale, Ibtissam Bouchaara s'était rendue sur place fin décembre. Dans les médias et une tribune, elle avait dénoncé les conditions dans lesquelles étaient accueillis ces mineurs: "les chiffres sont terribles: 4 éducateurs, 73 jeunes. Pas de veilleur de nuit pour leur sécurité, pas de psychologue pour soigner les traumatismes, pas de maîtresse de maison pour le côté maternel mais un mélange de mineurs avérés, d’autres en cours d’évaluations et d’adultes en difficulté qui vivent dans le même bâtiment. Je ne m’attends pas à un si grand écart d’accompagnement pour une même mission" y dénonçait-elle. Elle avait également alerté le Défenseur des droits.

Des propos qui lui vaudront donc de se voir signifier lundi sa mise à pied, premier pas d'une procédure qui pourrait se terminer par un licenciement pour faute grave.

Dans une lettre adressée à son personnel le 17 janvier dernier, citée par L'Express, l'association dénonce "des attaques infamantes et répétées" de la part de "certains des siens" et demande "réparation du préjudice". "Ces déclarations irraisonnables et fallacieuses portent atteinte à la légitimité et à la crédibilité de toutes nos activités".

"Mes propos ne sont ni diffamatoires, ni injurieux, je dénonce seulement une politique d'accueil globale", a rétorqué la principale intéressée, qui dans sa tribune s'étonnait déjà "qu’une association pour qui nous avons tant milité me soit devenue à ce point méconnaissable".

L'éducatrice devrait savoir d'ici deux mois si elle est licenciée. En attendant, elle a reçu le soutien d'une cinquantaine de personnes qui se sont rassemblées devant le siège de l'association.

 

L'éducatrice avait alerté le défenseur des droits sur les conditions d'accueil des migrants (image d'illustration).


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