Mauvais traitements sur des enfants handicapés: une lanceuse d'alerte jugée pour diffamation

Mauvais traitements sur des enfants handicapés: une lanceuse d'alerte jugée pour diffamation

Publié le :

Mercredi 20 Septembre 2017 - 10:56

Mise à jour :

Mercredi 20 Septembre 2017 - 11:09
© PHILIPPE DESMAZES / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Céline Boussié, ancienne employée d'un institut pour enfants polyhandicapés, est poursuivie pour diffamation après avoir alerté sur les pratiques de l'établissement. Un procès, dont le l'issue sera connue en novembre, qui met une nouvelle fois en lumière le difficile rôle des lanceurs d'alerte, notamment dans le milieu des soins aux personnes vulnérables.

Le jugement sera rendu le 21 novembre prochain, et devrait quoi qu'il arrive provoquer de nombreuses réactions dans le monde des lanceurs d'alertes et dans celui des soins aux personnes handicapées. Les débats dans le procès de Céline Boussié, ancienne employée de l’institut médico-éducatif (IME) de Moussaron, à Condom (Gers), ont pris fin mardi 19.

Elle est poursuivie pour diffamation après avoir dénoncé les mauvais traitements infligés aux pensionnaires de l'établissement -des enfants polyhandicapés: le manque de soin, les conditions sanitaires, les entraves dans des lits trop petits, les "camisoles chimiques" (traitements lourds pour calmer les patients), les violences d'un personnel débordé et mal formé. Une situation qui avait déjà été dénoncée par le passé par trois autres membres du personnel, condamnés depuis pour diffamation.

Plusieurs autres éléments semblent soutenir sa version rappelle, Le Monde. Notamment un rapport de l'Autorité régionale de santé (ARS) réalisée suite à l'alerte lancée par Céline Boussié et relevant de "graves dysfonctionnements susceptibles d’affecter la santé, la sécurité, le bien-être physique et moral, le respect de la dignité des jeunes accueillis", et une enquête de Zone interdite dont les images confirment les mauvais traitements.

Selon l'avocat de l'institut, Céline Boussié a rapporté ces faits pour des raisons personnelles, afin de se venger de la direction alors qu'elle était dans une situation délicate.

Mais pour beaucoup, ce procès est une nouvelle fois celui des lanceurs d'alertes, qui outre leur emploi, risquent d'être condamnés pour avoir voulu informer sur un risque ou un délit.

Une situation d'autant plus complexe dans le milieu des enfants handicapés où les parents redoutent de ne pas trouver de places, et où la majorité des soignants semblent trop craindre pour leur emploi pour parler.

Aucun employé de l'institut n'est venu soutenir Céline Boussié. En revanche, elle avait dû être placée sous protection policière après avoir reçu de nombreuses menaces.

Depuis la loi Sapin II, les lanceurs d'alerte sont censés être mieux protégés.

Une enquête de l'ARS avait mis en évidence de "graves dysfonctionnements" au sien de l'établissement.

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