Mesures de Macron - 35 heures, ISF, ENA: faut-il s'attendre à des surprises?

Mesures de Macron - 35 heures, ISF, ENA: faut-il s'attendre à des surprises?

Publié le :

Mercredi 24 Avril 2019 - 12:45

Mise à jour :

Mercredi 24 Avril 2019 - 20:18
© CHRISTOPHE SIMON / AFP
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Les annonces d'Emmanuel Macron suite à la crise des Gilets jaunes ont été repoussées par l'incendie de Notre-Dame et ont fuité depuis. Le président de la République a donc eu l'opportunité de voir l'accueil qui leur était réservé, et peut-être faire des ajustements avant sa conférence de presse de jeudi 25.

Emmanuel Macron s'exprimera devant la presse jeudi afin d'annoncer les mesures consécutives à la grogne des Gilets jaunes et au Grand débat national qui s'en est suivi. Des annonces qui ont fuité dans la presse, laissant en principe peu de place à la surprise.

Mais si l'incendie de Notre-Dame de Paris à quelques heures de l'allocution initialement prévue a bouleversé l'agenda de l'Elysée, le président de la République a pu tourner la situation à son avantage en s'offrant dix jours pour tester les réactions de l'opinion publique aux propositions dévoilées par la presse, et peut-être les affiner sans avoir l'air de se dédire, puisque rien n'a été officiellement annoncé.

Temps de travail

La principale surprise pourrait être une remise en cause des 35 heures. Avant même l'allocution prévue, la question avait été évoquée par le gouvernement, mais essentiellement centrée autour de deux autres leviers possibles: la suppression de jours fériés ou le recul de l'âge de la retraite. Mais les sondages ont depuis révélé que, contraints d'accepter de "travailler plus", les Français préfèreraient encore voir la durée hebdomadaire augmenter plutôt que de travailler plus longtemps ou perdre des congés (voir ici).

Emmanuel Macron qui, même lorsqu'il était ministre d'un gouvernement de gauche, a toujours eu une position ambigüe sur les 35 heures et a donc l'opportunité de frapper fort. Mais il s'exposerait également à une nouvelle grogne sociale d'ampleur, le sujet étant un totem pour la plupart des syndicats.

Voir: Allongement de la durée de travail: Macron sonne-t-il la fin des 35 heures?

Ecologie

A la suite des fuites, des voix se sont élevées pour dénoncer l'absence de mesures écologiques en dehors d'une "convention" de 300 citoyens chargée de "travailler à la transition écologique et aux réformes concrètes à prendre". Cela alors que la crise a trouvé son déclencheur dans la taxe carbone, censée financer la politique environnementale. Face aux critiques des ONG, de l'opposition mais aussi de l'aile écologiste de sa majorité, Emmanuel Macron pourrait avoir profité du délai qui lui a été accordé pour muscler ce point.

Voir: Inquiétudes sur l'ambition écologique des annonces d'Emmanuel Macron

Suppression de l'ENA

La suppression de l'ENA a également fait couler beaucoup d'encre, et été dénoncée par certains comme un geste populiste. Par ailleurs, les sondages évoquent des Français favorables à l'idée mais qui n'y voient pas un élément déterminant pour mettre fin à la crise. Emmanuel Macron ne prendrait donc que peu de risques à confirmer cette annonce, mais pourrait opter pour une simple réforme. L'ENA ne devrait cependant pas être remplacée par une "Institut supérieur des fonctionnaires", l'Elysée ayant démenti l'usage d'un sigle aussi malheureux qu'ISF.

Voir: La suppression de l'ENA : un "coup de communication"

Rétablissement de l'ISF et réduction des impôts

Le rétablissement de l'impôt sur la fortune, largement réformé par Emmanuel Macron, est d'ailleurs le point sur lequel les Français sont le plus virulents (70% des personnes interrogés début avril). Accepter cela serait un geste fort envers les contestataires, mais l'exécutif peut en la matière se réfugier vers l'évaluation de son efficacité prévue pour septembre. Les éventuelles surprises en matière fiscale devraient concerner les modalités d'une baisse générale des impôts pour les ménages de la classe moyenne.

Voir: ISF, TVA, impôt sur le revenu: Philippe exprime des réserves sur des idées fiscales du grand débat

Violences policières et maintien de l'ordre

De l'usage du LBD à la condamnation trop timide des bavures, la gestion des violences policières ayant émaillé les manifestations des Gilets jaunes a été une grande cause de colère envers l'exécutif. Les éléments qui ont fuité n'évoquent pas d'annonces sur la question, mais Christophe Castaner avait promis en mars une "réflexion élargie dans les mois qui viennent", sur un "changement de doctrine de maintien de l'ordre". Reste à savoir si Emmanuel Macron compte s'aventurer sur ce terrain ou le laisser à son ministre de l'Intérieur.

Voir: Gilets jaunes - pour Macron pas de "violences policières" mais des "bêtises"

Emmanuel Macron a pu en 10 jours ajuster les mesures qu'il devait annoncer suite au Grand débat.

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