Meurtre d'Alexandre Junca: le collégien ne serait pas mort sur le coup

Meurtre d'Alexandre Junca: le collégien ne serait pas mort sur le coup

Publié le :

Mercredi 15 Juin 2016 - 12:33

Mise à jour :

Mercredi 15 Juin 2016 - 12:34
©Damien Meyer/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Plus d'une semaine après le début du procès du meurtre d'Alexandra Junca, le principal accusé a donné de nouveaux éléments sur la nuit du drame. Contrairement à ce qu'il avait soutenu, le collégien était conscient lorsqu'il l'a emmené dans l'appartement de son ex-compagne. Il ne serait donc pas mort sur le coup.

Alexandre Junca, collégien de 13 ans tué en juin 2011, ne serait pas mort sur le coup mais aurait repris conscience avant d'être achevé "parce qu'il pleurait", a affirmé ce mercredi 15 le principal accusé du meurtre, glaçant la cour d'assises de Pau avec cette nouvelle version. Depuis le début du procès le 7 juin, Mickaël Baehrel, marginal de 30 ans jugé pour "vol avec violence ayant entraîné la mort", a constamment varié dans son récit sur le meurtre, survenu dans le centre-ville de Pau le 4 juin 2011.

Ce soir-là, Alexandre Junca rentre chez son père lorsque Christophe Camy, un autre marginal âgé de 28 ans, co-accusé de Baehrel et qui encourt lui aussi la réclusion à perpétuité, lui vole son portable. Selon les deux hommes, le collégien serait revenu pour réclamer son téléphone. C'est à ce moment que Baehrel lui aurait asséné coups de poing et de marteau, pour des raisons qu'il n'a pas su ou voulu expliquer. Mais jusqu'à présent, le jeune SDF avait toujours soutenu que le collégien était déjà mort lorsqu'il l'avait transporté dans l'immeuble de sa compagne, Fatima Ennajah, 50 ans, accusée de "non-dénonciation de crime".

Mais mercredi matin Baehrel a secoué la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques en affirmant pour la première fois qu'Alexandre Junca avait repris conscience une fois dans l'immeuble d'Ennajah, situé à une centaine de mètres. "J'ai déposé l'enfant en face de l'appartement d'Ennajah, qui lui a donné un médicament parce qu'il pleure", lâche Baehrel. Saisis par cette révélation qui glace la famille d'Alexandre, les magistrats soumettent alors l'accusé à un feu de questions pour lui faire préciser ses dires.

Baehrel dit avoir commencé par porter des coups de poing et un coup de marteau, qu'il avait sur lui, à Alexandre. "Dans quel état l'enfant est à ce moment-là?", presse le président Francis Bobille. "Il est sonné", répond Baehrel. "Il se relève, il revient à lui?". "Pas à mon souvenir", dit Baehrel, qui montre alors comment il l'a transporté chez Ennajah en le tenant sous les bras. Puis Ennajah "m'a vu avec Alexandre et lui donne un médicament car il était revenu à lui, il pleurait", poursuit-il.

Une déclaration compatible avec les constatations des médecins légistes, qui avaient retrouvé des traces de paracétamol dans le corps d'Alexandre, alors qu'il n'avait aucune raison d'en prendre selon sa mère. "Ennajah lui donne un cachet, il gémit, il pleure, et vous tapez à nouveau?", enchaîne Pierrette Mazza-Capdevielle, avocate de la mère et de la sœur d'Alexandre. "Oui, d'une extrême violence", lâche Baehrel.

Le procès se poursuivait mercredi avec les plaidoiries des parties civiles et les réquisitions de l'avocat général.

 

Alexandre Junca ne serait pas mort sur le coup mais aurait repris conscience avant d'être achevé.


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