Michel Aubier, le pneumologue qui répondait au Sénat sur la pollution, était très bien payé par Total

Michel Aubier, le pneumologue qui répondait au Sénat sur la pollution, était très bien payé par Total

Publié le :

Mardi 13 Juin 2017 - 11:11

Mise à jour :

Mardi 13 Juin 2017 - 11:30
Le pneumologie Michel Aubier doit comparaître mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour "témoignage mensonger sous serment". Auditionné par une commission du Sénat sur les dangers de la pollution atmosphérique, il avait omis de préciser travailler de Total depuis des années, pour un salaire dépassant parfois les 150.000 euros par an.
©Charles Platiau/Reuters
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Le célèbre pneumologue Michel Aubier, aujourd'hui à la retraite, a cumulé les postes et distinctions prestigieuses durant sa carrière: chef du service pneumologie de l’hôpital Bichat à Paris, professeur émérite, collaborateur de plusieurs laboratoires médicaux, habitué des plateaux télé... Mais aussi sollicité par la commission d’enquête sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution de l’air et salarié de Total.

Deux dernières activités qui ne semblent pas être compatibles, d'autant plus que le médecin n'avait pas pris la peine de mentionner qu'il travaillait pour le géant des hydrocarbures lorsqu'il était interrogé sur l'aspect cancérigène de la pollution atmosphérique.

Des faits révélés en 2016 par Libération et Le Canard enchaîné, un an après que le professeur Aubier a déclaré sous serment devant la commission n'avoir "aucun lien d'intérêt avec les acteurs économiques" concernés alors qu'il avait été payé par Total depuis 1997 et avait touché plus de 150.000 euros en salaire et actions rien qu'en 2014, révèle Le Monde.

Un traitement qui jette le doute sur ses déclarations en commission. Selon lui: "le nombre de cancers dans les pathologies respiratoires (...) liées à la pollution est extrêmement faible".

Le médecin doit donc comparaître mercredi 14 juin pour devant le tribunal correctionnel de Paris pour "témoignage mensonger sous serment". Des faits passibles de cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende. Le Sénat s'est constitué partie civil. La qualification juridique devrait cependant faire l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité, l'avocat du médecin estimant que la notion de serment ne s'applique pas à la commission sénatoriale. La procédure s'annonce donc longue.

En parallèle de cette affaire, Le Monde révèle que Michel Aubier aurait également omis de préciser qu'il travaillait pour Total ainsi que plusieurs laboratoires pharmaceutiques alors qu’il était membre d’une commission de la Haute Autorité de santé. 

Devant la commission sénatoriale, le Professeur Aubier avait déclaré que "le nombre de cancers dans les pathologies respiratoires (...) liées à la pollution est extrêmement faible".


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