Morbihan: début du procès des deux prostituées, accusées d'avoir étranglé et caché dans une valise leur proxénète

Cinq ans après

Morbihan: début du procès des deux prostituées, accusées d'avoir étranglé et caché dans une valise leur proxénète

Publié le :

Mercredi 07 Décembre 2016 - 16:01

Dernière mise à jour :

Mercredi 07 Décembre 2016 - 16:16
Deux femmes comparaissent devant la cour d'assises pour répondre du meurtre d'un proxénète, propriétaire d'un salon offrant des "massages" particuliers, retrouvé étranglé et immergé dans la rade de Lorient, enfermé dans une malle.Seulement une des deux accusées reconnait les faits.
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©Eric Gaillard/Reuters
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Auteur : La rédaction de FranceSoir.fr

C‘est le procès d’une histoire rocambolesque mêlant prostitution, meurtre, et enquête au dénouement inespéré. Deux femmes, Elodie Le Toullec, 29 ans et Laïla Id Yissine 32 ans sont jugées à partir de ce mercredi 7 devant la cour d’assises du Morbihan pour le meurtre (et "complicité de meurtre" pour Elodie) d’un homme dont le corps a été rerouvé dans une valise immergée dans la rade de Lorient. Patrick Le Toullec, le père d’Elodie, est poursuvi, lui, pour recel de cadavre.

Retour le 13 juillet 2011. Deux plaisanciers profitent d’une magnifique journée de vacances dans la rade de Lorient lorsqu’ils repêchent un objet étrange, une malle, lestée par des haltères et lardées de coups de couteau pour s'assurer de son immersion. Entrouverte, la malle laisse apparaître une vision d’horreur. Un cadavre, ligoté. Immédiatement prévenus les enquêteurs ouvrent la valise. A l’intérieur, un homme au visage dégradé et recouvert de ruban adhésif. L’autopsie démontrera que la victime est morte par "asphyxie mécanique". Un meurtre donc. Problème, aucun autre indice ne permet d’identifier le corps, et aucune disparition suspecte pouvant y être raccroché n’est signalée.

Les enquêteurs vont pourtant faire preuve de ténacité et, aidé par la chance, ils remonteront enfin la piste du crime. L’homme avait en effet dans la poche une clé, une piste sur laquelle les investigations ne se pencheront qu’en 2013. Après des mois de relance auprès des détaillants ils ont enfin une piste: celle d’un appartement parisien où les policiers découvriront des empruntes de la victime. Tout s’accélère: l’homme est identifié, c’est un Français d’origine maghrébine de 55 ans, un certain "Farid". Son activité: proxénète dans le milieu des "salons de massage" où des prestations un peu plus poussées que de simples palpations sont pratiquées, l’individu était accessoirement un indicateur pour la police sur ce monde interlope. Autant dire que le mobile était pratiquement trouvé avant même qu’un suspect soit désigné. Des écoutes dans le milieu de la prostitution sont effectuées et rapidement deux femmes seront placées en garde à vue.

Elodie Le Toullec, une prostituée décide de passer des aveux. Elle raconte que Laïla, alias "Sabrina" gérante d’un salon où "travaille" Elodie, a frappé avec un chandelier puis étranglé avec un câble la victime, avec l’aide de son "employée" le nommé Farid qui serait son "protecteur". Les deux femmes auraient alors acheté une valise sur les Champs-Elysées, et pris un taxi direction Lorient (d’où est originaire Elodie) avec le cadavre dans le coffre. Là, aidées du père d’Elodie, elles auraient pris un bateau pour jeter dans l’océan l’encombrant bagage.

Laïla/"Sabrina" continue de nier les faits qui lui sont reprochés. Le verdict est attendu vendredi 16 décembre.

 

Auteur : La rédaction de FranceSoir.fr

 
Il aura fallu deux ans d'enquête afin de raccrocher la victime au milieu de la prostitution.