Norvège: des nationalistes voient des burqas dans des sièges de bus et se ridiculisent sur Facebook

Norvège: des nationalistes voient des burqas dans des sièges de bus et se ridiculisent sur Facebook

Publié le :

Mercredi 02 Août 2017 - 21:04

Mise à jour :

Mercredi 02 Août 2017 - 21:09
©Capture d'écran
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Un photojournaliste norvégien a piégé les membres d'un groupe d'extrême droite en publiant sur son mur Facebook la photo de sièges de bus vides et en leur demandant leur opinion. Des dizaines d'entre eux y ont vu des femmes en burqa et ont répondu par des commentaires racistes ou xénophobes.

Sièges de bus ou burqas? Les membres d'un groupe nationalistes norvégien regroupant quelque 13.000 adhérents sur Facebook sont depuis plusieurs jours la risée d'Internet. La raison: la blague d'un photojournaliste qui les a piégés grâce à un cliché et à leur tendance à réagir un peu vite.

Johan Slåttavik s'est contenté de publier sur le mur de "La patrie d'abord" une photo de sièges de bus vide avec en légende la question "qu'est-ce que vous en pensez?". Sauf que de nombreux membres du groupe y ont tout de suite vu non pas des sièges mais six femmes en burqa - vêtement islamique qui cache l'intégralité du corps et du visage- dans un bus. Si la forme des sièges peut faire penser à une silhouette, la réalité est tout de même assez évidente pour peu que l'on prenne quelques secondes.

Mais apparemment, de nombreux partisans de "La patrie d'abord" sont tombés dans le panneau, déversant un flot de commentaires racistes. Le groupe est privé mais Sindre Beyer, un ancien homme politique (travailliste) norvégien reconverti dans la communication et membre du groupe "par curiosité" , en a capturé et révélé de nombreuses pages sur son propre compte Facebook.

On y trouve ainsi des commentaires du type: "l'islam est et sera toujours une malédiction", "sortez-les de notre pays", des analyses pointues comme "vous remarquerez qu'aucune n'est assise" ou "ce doit être le corps électoral rêvé des travaillistes" et tout de même quelques messages qui parlent d'un bus vide.

"Il y a des différences entre les critiques légitimes envers les politiques d'immigration en Europe et le racisme aveugle et la xénophobie. Je voulais examiner ces différences, et c'est quelque chose que je crois avoir réussi à faire avec ce canular, à voir les réactions qu'il a suscitées", explique Johan Slattavik au site norvégien Nettavisen.

"Vous remarquerez qu'aucune n'est assise", a brillamment noté un des membres du groupe.


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