Notre-Dame-des-Landes: dans la ZAD, des militants déterminés à se battre contre l'évacuation

Notre-Dame-des-Landes: dans la ZAD, des militants déterminés à se battre contre l'évacuation

Publié le :

Mardi 12 Décembre 2017 - 13:02

Mise à jour :

Mardi 12 Décembre 2017 - 13:29
Alors que les médiateurs s'apprêtent à remettre au gouvernement leur rapport sur le dossier "Notre-Dame-des-Landes", les zadistes sont inquiets et ont bien l'intention de rester sur place quelle que soit la décision prise. Ils ne "baisseront pas les bras", préviennent-ils contactés par "France-Soir".
©Stéphane Mahé/Reuters
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Le dossier de Notre-Dame-des-Landes va à nouveau faire parler. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a affirmé ce mardi 12, à la veille de la remise du rapport des médiateurs sur le projet controversé d'aéroport, qu'"une décision définitive" serait prise "d'ici quelques semaines" sur le sujet. Toutefois, quelle que soit le verdit du gouvernement, les habitants de la ZAD (pour "zone à défendre") opposés au projet ne comptent pas évacuer les lieux. Géré par environ 80 collectifs, ce bout de terrain de dix kilomètres sur cinq est occupé par 200 à 300 zadistes, tous déterminés à préserver cet espace naturel.

"A partir de 2007, des gens sont progressivement arrivés, rejoignant les paysans et les habitants historiques. Il y a eu ensuite des destructions de maisons en 2012 lors de l'opération César (qui avait mobilisé 2.500 policiers et donné lieu à des affrontements violents, NDLR) puis une nouvelle vague d'arrivées. Aujourd'hui, il y a 70 lieux de vie sur la ZAD", explique, contacté par France-Soir, l'un des habitants de la ZAD précisant qu'il y a 270 hectares de terrain mis en culture collectivement (élevage, maraîchage, apiculture, etc) et même des structures de transformation (conserveries...). Sur place, les habitants profitent de nombreuses activités culturelles: certains écrivent au journal de la ZAD ou travaillent pour une radio dédiée tandis que d'autres donnent de leur temps dans un studio d'enregistrement ou dans des ateliers d'écriture.

Mais à l'approche du moment de vérité, beaucoup sont inquiets et semblent craindre un nouvel affrontement. "Merci de nous signaler toute information sur d'éventuelles présences de flics ou d'engins de travaux autour de la ZAD", ont-ils écrit sur l'un de leurs blogs (lien vers ce site) donnant au passage un numéro a utiliser en cas d'urgence. "Cela fait 50 ans qu'il y a ce projet absurde et destructeur. Nous avons envie que ça s'arrête. Ce serait absolument scandaleux que le gouvernement s'entête. S'il entend être à peu près sérieux sur ces engagements et sur ses préoccupations climatiques, il faut qu'il arrête ce projet. Pour nous, ce n'est pas possible que la construction de cet aéroport se fasse".

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Le rapport des médiateurs doit être remis mercredi 13 au Premier ministre Edouard Philippe et recensera les avantages et les inconvénients des différentes options avec des recommandations pour chacune. Et si le gouvernement estime que le projet doit se faire, "ce mouvement très large ne baissera pas les bras mais on va espérer qu'il prendra la bonne décision", a-t-il ajouté. L'exécutif est prévenu: les opposants, qui ont réussi à attirer plusieurs dizaines de milliers de personnes pour des manifestations au plus fort de la contestation, restent déterminés et confiants sur leur capacité de mobilisation.

La ZAD de Notre-Dames-des-Landes est toujours occupée par 200 à 300 zadistes.


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