Poitiers: ouverture sous haute tension du procès des envahisseurs de la mosquée de Buxerolles

Poitiers: ouverture sous haute tension du procès des envahisseurs de la mosquée de Buxerolles

Publié le :

Vendredi 20 Octobre 2017 - 11:55

Mise à jour :

Vendredi 20 Octobre 2017 - 12:13
© - / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Cinq ans après l'envahissement, par plus de 70 militants du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire, de la mosquée de Buxerolles (Vienne), cinq individus sont jugés à Poitiers à partir de ce vendredi pour "dégradation en réunion et provocation à la haine raciale ou religieuse". Le procès va se dérouler sous haute surveillance. Les autorités craignent des débordements entre militants identitaires et antifascistes.

Cinq membres du groupuscule d'extrême droite "Génération identitaire" qui avaient participé le 20 octobre 2012 à l'envahissement, avec grand fracas, du chantier de la mosquée de Buxerolles (au nord de Poitiers, dans la Vienne), sont jugés à partir de ce vendredi 20 -cinq ans jour pour jour donc après leur action- pour des faits de "dégradation en réunion et provocation à la haine raciale ou religieuse".

Ce procès se déroule sous haute surveillance car les autorités craignent des débordements entre militants frontistes et opposants. Un groupe d'étudiants antifascistes a d'ailleurs annoncé vouloir se mobiliser ce vendredi soir, à la sortie de l'audience du jour.

Retour en arrière. Le 20 octobre 2012, un groupe de 73 individus appartenant à Génération identitaire a infiltré le chantier de la mosquée en scandant des propos racistes et en déployant des banderoles, faisant notamment référence à la bataille de Poitiers de 732, que Charles Martel et les Francs avaient remporté face aux armées du califat omeyyade (tuant le général Abd al-Rahman). Une date symbole pour une partie de l'extrême droite la plus radicale car associée à "l'arrêt des envahisseurs arabes".

"Gaulois, réveille-toi, pas de mosquée chez toi", avaient notamment scandé les militants, qui avaient réussi à grimper sur le toit de la mosquée. Les forces de police avaient mis six heures à tous les interpeller (sans vague toutefois).

Cet incident avait suscité l'indignation de la classe politique. Le Conseil français du culte musulman l'avait décrit comme un "nouveau palier" dans l'islamophobie.

Ce vendredi s'est donc ouvert le procès de cinq de ces identitaires qui ont joué un rôle central dans l'organisation de l'occupation du chantier de la mosquée. Comme la majorité des 70 autres militants, ils ont entre 27 et 30 ans aujourd'hui. Et certains ont grimpé les échelons au sein du Front national bien que Marine Le Pen s'en défende. L'un des leaders de Génération identitaire, Damien Rieu, est d'ailleurs un proche de Marion Maréchal-Le Pen en région Paca. Il est également directeur de la communication des mairies frontistes de Cogolin et Beaucaire.

Les deux seuls prévenus présents à l'ouverture, Damien Lefèvre et Arnaud Martin, ont lu un texte justifiant l'occupation de 2012 pour "réclamer un référendum sur la question de l'immigration en France". Puis indiqué qu'ils garderaient le silence pour le reste des débats.

L’Union des organisations islamiques de France (UOIF) s’est constituée partie civile au nom de la mosquée de Poitiers, au titre du préjudice moral et matériel: outre les tapis de prières dégradés, plus de 15.000 euros sont réclamés pour des infiltrations dans le bâtiment à la suite de l'action. Deux associations de défense des droits de l'homme et de lutte contre l'islamophobie sont également parties civiles.

"Gaulois, réveille-toi, pas de mosquée chez toi", avaient notamment scandé les militants, qui avaient réussi à grimper sur le toit de la mosquée. Les forces de police avaient mis six heures à tous les interpeller (sans vague toutefois).


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